A l’origine des grandes thérapies, il y a des névroses, des pathologies et des symptômes......chez leurs inventeurs !

Peut-être qu’un jour, un chercheur ou un amateur de la question, écrira-t-il un livre pour montrer le lien étonnant ( détonnant ) entre les particularités de telle ou telle psychothérapie et la pathologie de base de son inventeur.

Nous savions que Freud était phobique, et qu’ il l’est resté jusqu’à la fin de sa vie. Tout cela n’enlève rien à la valeur de sa démarche, bien au contraire. Cela a certainement nourri la découverte de la psychanalyse ( avec le risque de quelques impasses, paradoxes, distorsions contradictions et déchirements inévitables) et alimenté les débats entre les différentes écoles qui en sont issues.

Ces quelques remarques, énoncées comme une entrée en matière un peu provocatrice, ne représentent pas une critique mais un point d’ancrage possible pour mieux entendre le courage, l’angoisse, les doutes qui ont traversé les découvreurs d’une connaissance ou d’une thérapie nouvelle.

Sigmund Freud par exemple, n’a pas échappé à cette règle. Il n’a pas pu s’appuyer sur un psychanalyste, tout juste a-t-il eu le soutien et l’écoute de son ami Fliess (qui joua tant bien que mal ce rôle d’écoutant empathique,) jusqu’à la découverte que leur amitié avait des relents d’homosexualité ) ce qui a fait fuir Freud.

A partir de sa phobie et en relation directe avec la spécificité de cette pathologie, Freud inventa une pratique : celle du divan, (on n’est pas vu, pas touché, on reste sinon inaccessible, du moins protégé face aux désirs de l’autre...) et il mit sur orbite une démarche remarquable qui nous a fait faire un bon en avant considérable dans la compréhension de notre propre psyché et de quelques unes de nos dynamiques névrotiques inconscientes ou autres, relatives à notre vie intérieure la plus intime.
Freud s’est trouvé porteur de secrets et d’un trauma familial à l’origine de diverses contradictions dans la théorie psychanalytique. Marie Balmary dans « l’Homme aux statues ou Freud et la faute cachée du père », nous montre comment il s’est débattu pour faire silence et ne pas ternir l’image de ce père.*

Il serait intéressant de poursuivre avec quelques autres thérapeutes.
F.Perls qui inventa la Gestalt, où l’on se montre, on s’exhibe pour mieux mettre le doigt sur nos propres refoulements...
C.Rogers issu d’un milieu puritain et moralisant qui proposa l’acceptation inconditionnelle d’autrui et la centration sur l’autre etc.
A. Lowen avec un besoin d’affirmation et de reconnaissance à vif et la bio énergie...

Je laisse à chacun découvrir la suite…

* Voir aussi
Marianne Krüll : Sigmund fils de Jacob
Nicholas Rand et Maria Torok : Questions à Freud.