Coeur perdu

Dernièrement – c’était à la librairie Jules et Jim (Cluses, Haute-Savoie) lors d’une dédicace – j’ai eu un coup de cœur pour un petit garçon qui a perdu son cœur.
Je l’ai rencontré dans les pages d’un livre. Il avait un trou à la place du cœur.
Il m’a raconté son histoire.

Un matin
j’ai perdu
mon cœur…
Dans la maison je l’ai cherché partout
J’ai tout retourné,
tout soulevé, tout mis
sens dessus
dessous…
Je l’ai perdu.
J’ai paniqué,
j’ai couru partout…
dans le jardin,
dans la rue,
dans le quartier…
… dans d’autres jardins,
partout dans la ville…
Partout j’ai téléphoné…
Personne ne m’écoutait.

 

La suite est à découvrir… dans un album jeunesse intitulé Un an, un jour.

***

Je sais que c’est souvent, malheureusement, que les enfants ne se sentent pas écoutés.
Je sais aussi que c’est une mésaventure qui arrive même aux grandes personnes, que d’avoir un trou à la place du cœur et de le chercher partout, leur cœur, petit ou gros.J'en connais même, des grandes personnes, qui ont raconté des choses comme ça dans des livres qu’on appelle des romans d’amour.
Je pense à l’un d’entre eux, parmi des milliers d’autres. Il y en a tellement !
Un roman écrit il y a bien des années maintenant, par son auteur, devenu depuis, un spécialiste de la communication dans le couple et partout ailleurs où il est difficile de s’écouter et de s’entendre malgré tous les bons sentiments qui nous animent, malgré les trésors de bonne volonté que nous pouvons déployer.
Il ne suffit pas de s’aimer pour bien s’entendre.
Ce livre a pour titre Je m’appelle toi et son auteur est Jacques Salomé.

Quelques extraits.
« Quand je reste assise au bord du lit, ne comprenant pas pourquoi je ne suis pas auprès de toi. Amputée de tout ce qui est toi. Avec un trou au-dessus du ventre, une grande faille descendue de la gorge et l’envie de pleurer, de me répandre dans le plus grand espace possible 1».
« Je sais ma peur la plus ancienne d’être trou et vide, disparue, engloutie dans la lumière de notre rencontre. Un élan infini me lie à toi 2».
« Nous avons chacun de nous des milliers d’années à rattraper. Tout le temps où nous nous sommes perdus. Sans nous rencontrer. Nous avons des milliers d’années à vivre et qui ne seront jamais faute de vies suffisantes. Ah ! je voudrais leur dire. Ne laissez jamais un amour mourir. Ne laissez jamais s’engloutir un sourire, se perdre un baiser, s’égarer une caresse, sous peine de créer une plaie, de faire un trou, un vide dans l’univers 3».

 

Pour les enfants : 
un album pour découvrir l’amour Un an, un jour, Régis Lejonc (texte) & Carole Chaix (illustrations), L’atelier du poisson soluble, avril 2009
Pour l’enfant au cœur perdu qu’il y a chez certains adultes (j’en connais)

 

 

 


Pour adultes :
Je m’appelle toi, Jacques Salomé, Albin Michel, 1992
Ce roman dit les émerveillements, les risques et les pièges de l’amour-fusion dans l’infini désir de se chercher et de se perdre dans l’autre.

Ce livre n’est pas à lire, il est à entendre au plus profond de soi.










1 P 51
2 P 114
3 P 119