Infolettre 03

Février 2012

EDITO |2012, une année sous le signe de la Méthode ESPERE® !

Ces débuts d’année me mettent souvent dans une situation délicate : temps des vœux, des rêves que l’on formule, des résolutions que l’on prend, des projets que l’on construit...

Que puis-je vous souhaiter sinon d’aimer vos rêves,  de sourire de vos résolutions, de prendre soin de vos projets…  et surtout d’amplifier votre vivance à chaque instant de votre quotidien.

Fruit de vos nombreuses contributions, cette troisième infolettre célèbre pleinement l’année qui s’achève et ouvre avec enthousiasme 2012.  Entre le mot du président de l’IEI, Luc Roenen, le journal de bord de Maryse Legrand et la chronique de Jacques Salomé, vous aurez le plaisir d’y découvrir,  une fois encore, la créativité débordante et tellement stimulante des membres de l’Institut ESPERE International : le groupe d’intervision de l’est parisien témoigne de la mise en place d’une journée de réflexion autour des soins relationnels, Blandine Hamon nous offre la lecture de « Passibelle », conte « champêtre » imaginé à la suite de l’atelier proposé par Caroline Von Bibikow lors du colloque 2011 : « Le conte métaphorique, un outil de la Méthode ESPERE® », Lucien Essique et Anne Weyer nous enchantent avec la publication récente de deux ouvrages inspirés de leurs « expériences relationnelles » avec soi, les autres, la vie…

 

Régalez-vous et laissez-vous animer par ces énergies nouvelles.

La prochaine infolettre prévue pour le mois de mai 2012 attend déjà vos participations.

Faites-nous part de vos découvertes, engagements, de vos désirs aussi... à l’adresse suivante : caroline.houlbert[arobase]gmail[point]com

 

Belle lecture !

Caroline Houlbert de Coccola, secrétaire adjointe de l'Institut ESPERE International

CHRONIQUE DE JACQUES SALOME | Attitudes et contre attitudes : trouver sa voie entre risques de dépendance et recherche d'autonomie*

par Jacques Salomé

Se former aux relations humaines suppose de s’ouvrir au changement, avec son lot d’enthousiasmes et de résistances. Se former comme formateur ESPERE ou participer à des sessions animées par des animateurs ESPERE, entraine une implication personnelle et relationnelle qui n’est pas toujours bien conscientisée dans un premier temps.

 Nous savons que le cursus de formation proposé par l’Institut ESPERE International, outre l’apprentissage des grands concepts, des outils et des règles d’hygiène relationnelle, va inviter chacun à s’interroger :

- sur sa capacité à animer,

- sur sa compétence à transmettre et surtout,

- sur son aptitude à développer suffisamment de vigilance, de recul pour ne pas  se laisser entrainer dans le système SAPPE, hautement antirelationnel et risquer de développer du réactionnel chaque fois qu’il va être  (nécessairement) remis en cause dans ses attitudes, comportements, apports (en cours de formation ou plus tard dans sa pratique de formateur)…

 

Une formation aux relations humaines peut déclencher, au cours des différentes sessions, certains phénomènes d’attachement ou d’opposition, susciter des sentiments excessifs ou contradictoires, réveiller des ambivalences dans  plusieurs directions.

  • soit du formateur-stagiaire vis-à-vis du formateur de formateurs
  • soit du formateur vis-à-vis du stagiaire
  • soit du formateur-stagiaire ou des formateurs vis-à-vis des exigences, des contraintes,  du programme accepté par l’IEI.

 

Ainsi, durant les deux ou trois années de stages, durant les différentes sessions, vont surgir des ressentis qui contribueront à colorer, dynamiser les apprentissages,  parasiter les découvertes et freiner ou accélérer l’intégration des savoir-faire, des savoir-être, des savoir-créer ou savoir-devenir comme formateur ou comme participant.

Il peut être important parfois, de pouvoir faire appel à un tiers, à un superviseur pour tenter de clarifier, voire d’assainir une relation qui, bien qu’à dominante  pédagogique, va avoir des impacts émotionnels dans la vie personnelle et professionnelle de l’un ou de  l’autre du couple : formé/formateur.

Ce sera l’un des enjeux de la supervision de permettre de prendre de la distance, en comprenant mieux ce qui se joue dans  un processus de changement qui vise à renforcer l’autonomie de la personne, à la libérer de dépendances possibles, tout en sachant que certaines identifications ou contre-identifications, attachements ou rejets, seront présents entre formateur et formé, entre animateur et stagiaire.

 

Jacques Salomé

* Deux jours de supervision sont offerts aux membres de l’IEI, les 2/3 juin 2012

ACTUALITES DU CA

Bien chers adhérents, futurs formateurs et en formation,

C'est avec beaucoup de plaisir qu'au nom de l'ensemble des membres du CA de l'IEI, je vous souhaite une très belle année 2012. J'espère qu'elle vous permettra de réaliser bon nombre de vos désirs et qu'elle sera baignée de surprises, de découvertes, de joies et de présence à vous.

Si nous jetons un regard dans le rétroviseur, nous pouvons dire que l'année 2011 a été marquée par l'accueil de 17 nouveaux adhérents (bienvenue et encore toutes nos félicitations pour votre parcours de formation), deux très riches et belles journées de colloque (merci à tous ceux qui y ont participé), la mise en route de l'infolettre (merci à Caroline et à tous les adhérents et formateurs en cours de validation pour vos propositions), le contrat de licence de l'utilisation de la marque Méthode ESPERE® entre l'IEI et l'Association ESPERE Roumanie (longue et belle vie à vous !) et le relooking du site de l'IEI (merci à Sarah, notre webmaster).

L’année 2012 sera ponctuée également de moments forts comme, les 2 journées de supervision animées par Jacques Salomé les 2 et 3 juin à l'attention exclusive des adhérents de l'IEI, l'Assemblé Générale qui aura lieu le 2 juin à 18h30. Il y a aussi le projet d'une proposition concrète de formation de formateurs de formateurs (F3), la perspective de la remise d'un document par l'IEI intitulé  "Accréditation" qui reconnait le droit d'utiliser la marque déposée Méthode ESPERE®" à tous les adhérents respectant les dispositions de la charte de l'IEI, en termes d'heures de supervision et à jour de cotisation annuelle. Ce document est une reconnaissance officielle de l'IEI qui donne le droit à ses adhérents d'utiliser la marque ME® propriété de Jacques Salomé et gérée par l'IEI.

Nous profitons de cette infolettre pour réitérer notre demande de respecter l’engagement que vous avez pris en signant la charte de l’IEI à savoir celui de suivre une supervision, que vous soyez formateurs de formateurs, formateurs ou accompagnants individuels. Comme vous le savez le temps de supervision est l'occasion de confronter sa pratique avec des pairs ou un formateur de formateurs afin de compléter, réajuster ses connaissances, de découvrir et de confronter des savoirs et des savoir-faire spécifiques à la ME®.

Suite à des interpellations de certains d'entre vous quant au nombre d'heures de supervision préconisé jusquà présent (30h) et en tenant compte de la contrainte que cette exigence pouvait représenter tant en termes de temps que de budget, nous avons décidé lors de notre dernier CA de diminuer ce nombre d'heures et de le ramener à 14h.

 

Luc Roenen, président de l’Institut ESPERE International, 27 janvier 2012

NOUVEAUX ADHERENTS | En 2012, bienvenue à ...

Claire Richter

« Bien que formée à la vie de l’entreprise et à sa gestion financière, mon mémoire de fin d’études portait déjà sur le thème de la communication, étonnée alors des dysfonctionnements omniprésents dans les organisations et entre ses protagonistes. Installée depuis dix ans en Allemagne, je partage aujourd’hui mes activités entre séminaires pour le milieu professionnel et entretiens individuels. La Méthode ESPERE® me permet quotidiennement d’avancer vers moi mais aussi avec les autres et c’est avec joie que je participe à la diffusion de cette écologie relationnelle. »

Claire a été formée à la Méthode ESPERE® par le centre RELIANCE, à Grenoble (Jean-Luc Mermet).

Marie-Christine Garnier

tl_files/infolettre/02/Infolettre 03/infolettre3/Photo Marie-christine infolettre3.jpg

"Enseignante en école primaire depuis plus de 20 ans, je travaille plus spécifiquement avec les élèves en difficultés d'apprentissage. Mon attirance profonde pour les relations humaines m'a poussée à aller plus loin que l'approche classique de mon métier. C'est ainsi que je me suis formée à la Méthode ESPERE® et que je l'utilise depuis, au quotidien de ma pratique. J’anime également à l'école, des ateliers de communication relationnelle avec les enfants mais aussi avec les adultes qui les entourent. J'anime en parallèle des ateliers de communication relationnelle pour adultes."

Marie-Christine a été formée à la Méthode ESPERE® par le centre ADRES, à Paris (Aleth Naquet).

TEXTE ORIGINAL | L'inconscient

par Lucien Essique

L'inconscient

Quand j'ouvre les portes de l'inconscient,

Je pénètre un peu plus chaque jour,

Dans le dédale intime de mes racines. 

 

Je vois se refléter dans le miroir de ma vie,

La présence longtemps ignorée de mes ressentis,

De mes blessures, de mes peurs, de mes doutes.

 

Il me suffit alors de les prendre comme miennes,

De connaître leurs origines et alors je les porte

Au plus haut, je les laisse retentir,

Je me laisse inonder,

Et quand l’émotion surgit,

Quand une vague vient gonfler ma poitrine,

Quand des fourmillements envahissent mon corps,

Je sens alors comme une résurgence du moi,

Comme une réparation qui tente de se manifester.

 

Je lui prends la main, je regarde vers le ciel,

Mon énergie intérieure atteint

La cime de l’arbre de ma vie,

 

Et je goûte en mon être, un moment d’éternité.

 

Texte tiré du livre "La vie est un Mystère" de Lucien ESSIQUE - Éditions Bénévent

OUVRAGES : 3 parutions

 En ce début d'année, l'Institut ESPERE International a le très grand plaisir de vous annoncer la parution de trois ouvrages d'importance : La vie à chaque instant de Jacques Salomé, Jusqu'à toi de Anne Weyer et La vie est un mystère de Lucien Essique. Jacques Salomé, Anne Weyer, Lucien Essique, trois auteurs membres de l'IEI, évoquent chacun à leur manière la complexité des relations. Avec originalité, singularité et sensibilité leur écriture se déploie pour nous inviter à interroger encore et encore avec vivance et tendresse les relations que nous vivons.

 

tl_files/infolettre/02/Infolettre 03/infolettre3/Photo la vie a chaque instant.jpgLa vie à chaque instant de Jacques Salomé, aux éditions Pocket.

Parution prévue le 19 janvier 2012

Le dernier-né de Jacques Salomé est un agenda intemporel proposant une pensée "relationnelle" par jour. 366 pensées qui sont autant de règles d'hygiène relationnelle pour tous ceux et celles qui sont en recherche de relations plus équilibrées, plus vivantes et plus créatrices, avec eux-mêmes et avec autrui.

 

tl_files/infolettre/03/ouvrage_weyer_anne.png

Jusqu'à toi de Anne Weyer, aux éditions Lifan

Parution imminente

Jusqu'à toi est le récit poétique de rencontres, avec eux, les hommes. Anne Weyer évoque  avec tendresse et amour les différentes relations, réelles ou imaginaires, qui lui ont permis  de devenir la femme qu'elle est aujourd'hui. 
"C'est beau, c'est plein, c'est vivifiant, c'est émouvant, c'est à transmettre et à offrir pour  donner aux hommes le goût des femmes, pour donner aux femmes le désir des hommes, pour  ouvrir sur des rencontres essentielles permettant à chacun de rencontrer le meilleur de lui  même." Jacques Salomé

anne.letennier@club-internet.fr

 

tl_files/infolettre/03/ouvrage_essique_lucien.pngLa vie est un mystère de Lucien Essique, aux éditions Benevent 

Vient de paraitre

La vie est un mystère est dédié à la connaissance de soi. Chaque chapitre réunit des textes  qui invitent à contacter les différentes visions, de la quête de soi, de la vie, de l’amour, du  départ vers un ailleurs... Lucien Essique propose une approche singulière, offre de nouvelles  ouvertures pour tisser une relation avec l’essence même de la vie.

« Vivez votre propre aventure à la rencontre de vous-même, elle est passionnante, vous deviendrez un peu plus savant, un peu plus sage et un peu plus l’amant de vous-même. C’est toute la prière que j’ose formuler, à votre intention! » Lucien Essique

le-livre@lucien-essique.fr, www.lucien-essique.fr

 

Caroline Houlbert de Coccola, secrétaire adjointe de l'Institut ESPERE International

ARTICLES | Journal de bord d’une ESPERienne

par Maryse Legrand, secrétaire de l’Institut ESPERE International.

 

Quelques lectures…

J’avais signalé dans l’infolettre 02 une nouvelle collection née début 2011, conçue et dirigée par Claire Debru chez NiL éditions sous l’intitulé Les affranchis, dont j’aime l’esprit et le petit format :

« Quand tout a été dit sans qu’il soit possible de tourner la page, écrire à l’autre devient la seule issue. Mais passer à l’acte est risqué. Ainsi, après avoir rédigé sa Lettre au père, Kafka avait préféré la ranger dans un tiroir.

Écrire une lettre, une seule, c’est s’offrir le point final, s’affranchir d’une vieille histoire.

La collection « Les affranchis » fait donc cette demande à ses auteurs : «Écrivez la lettre que vous n’avez jamais écrite. »

Le livre de Linda Lê que j’avais présenté a obtenu le prix Renaudot poche 2011. « Un texte aussi sobre que magnifique » (Libération) « D’une force saisissante » (L’Express)

*

tl_files/infolettre/02/Infolettre 03/infolettre3/Yves Simon infolettre3.png

Paru en novembre 2011, une lettre très touchante d’un fils à son père mort il y a quarante-cinq ans à peu près. Ce fils devenu écrivain, avait alors vingt ans. 

Premières lignes :
«Pourquoi faut-il attendre tant de temps pour oser prononcer les mots justes ? Le  temps de la mort, celui des silences, le temps de l’absence ? Attendre que l’arrogance de la  jeunesse se soit adoucie et que l’ajustement du regard et des mots vise ce qui a compté et non ce qui  a manqué. »
« Comment ai-je pu t’aimer si mal, toi qui m’aimais tant ? » (p. 12)
« Nous n’avons accès qu’à une part infime du mystère des gens. » (p. 23)

 

tl_files/infolettre/02/Infolettre 03/infolettre3/solidarites mysterieuses infolettre3.pngParu en octobre 2011.

« Ce n’était pas de l’amour, le sentiment qui régnait entre eux deux. Ce n’était pas non plus une  espèce de pardon automatique. C’était une solidarité mystérieuse. C’était un lien sans origine dans  la mesure où aucun prétexte, aucun événement, à aucun moment, ne l’avait décidé ainsi. »  (quatrième de couverture)

« L’un des mystères qui plane, c’est celui qui plane sur le titre Les solidarités mystérieuses.  De façon assez arbitraire les critiques, ou vous peut-être, ont dit qu’il s’agit de la solidarité  mystérieuse qui existait entre le frère et la sœur. Est-ce qu’il n’y a pas une solidarité mystérieuse  qui existe entre tous les êtres humains qui partagent la condition humaine ? » (Question  de Marie Richeux adressée à Pascal Quignard, lors de l’émission Pas la peine de crier, France Culture du 18/10/2011)

Je suis une inconditionnelle des ouvrages de Pascal Quignard. J’ai particulièrement aimé ce roman polyphonique. Son titre est déjà magnifique.

 

Maryse Legrand, le 04 janvier 2012

AUTOUR DE LA METHODE ESPERE® | Une journée sur le thème des soins relationnels

par Irène Talmone, Marie Camescasse, Marie Ridao et Catherine Bonnefond

Irène Talmone, Marie Camescasse, Marie Ridao et Catherine Bonnefond font partie d’un groupe d’intervision en Méthode ESPERE® dans l’Est parisien. Ce groupe est né d’une idée de travail auprès des personnes âgées, lancée par Marie Ridao lors du colloque 2005. Le 20 novembre dernier, sous l’impulsion d’Irène Talmone, elles ont organisé une journée sur les soins relationnels en Méthode ESPERE®. Leurs différents parcours, leurs nombreux savoir-faire, leur enthousiasme et leur implication ont permis de donner à cette journée un élan tout particulier.

Pour l’infolettre, elles retracent le déroulement de cette journée en présentant le vécu, la démarche et la motivation de chacune.

 

Marie CAMESCASSE[1]

J’ai choisi pour cette journée du 20 novembre 2011 de m’appuyer sur mon mémoire[2], en présentant la manière dont j’ai introduit la Méthode ESPERE®  dans mes consultations de podologie. 

En m’appuyant sur des cas cliniques, j’ai évoqué les difficultés rencontrées et présenté concrètement mon expérience.

Les difficultés rencontrées :

  • La première étant que les gens viennent chez un podologue et non chez un « psychologue » ! (Réflexion que j’ai entendue).
  • Proposer la Méthode ESPERE®  sans l’imposer.
  • Comment, suite à un travail  en supervision, j’ai pris conscience que je mettais mon désir "sur" l’autre.
  • Combien c’était plus facile pour moi, lorsqu’une personne arrive en ayant fait de nombreuses démarches de soins sans résultat.

Présentation de mon expérience : 

  • Je ne voulais pas donner de rendez-vous à une jeune fille car je ne traite pas les verrues. Je lui propose juste une possibilité de faire un diagnostic entre 2 rendez-vous. Elle a insisté pour avoir un vrai rendez-vous !  Elle a  fait un très beau travail  partant de sa verrue. Les verrues en énergétique sont « des perles de chagrin ». Son travail l’a conduite à une IVG pratiquée un an plus tôt.
  • J’ai pris conscience que je devais laisser faire la vie et que tout a un sens. Son insistance à obtenir un rendez-vous était fondée. Ce qui m’a amenée à changer mon comportement. Tout ayant un sens. Comme le démontre si bien le conte du vieux sage indien qui avait un beau cheval blanc  lu pour terminer mon intervention.

Me voila aujourd’hui avec une nouvelle « Trousse », celle envoyée par Jacques Salomé.

C’est avec joie que j’ai célébré les 6 ans du groupe. Occasion pour moi de remercier Marie Ridao pour avoir lancé ce groupe en 2005, Irène Talmone, Catherine Bonnefond pour l’organisation de cette journée « internationale » avec la joie d’avoir parmi nous Janine Fortin. Merci à moi pour mon investissement dans ce groupe et à tous ceux qui nous ont encouragées.

 

Marie RIDAO[3]

Pour répondre à l'invitation d'Irène TALMONE d'une journée autour des soins relationnels, je me suis proposé d'approfondir les convergences que j'ai perçues entre la Méthode ESPERE® et les quatre accords toltèques tels que présentés par Miguel Ruiz dans son ouvrage du même nom[4].

J'ai trouvé quantité de ressemblances entre la Méthode ESPERE® et les explications des quatre accords.

Les quatre accords en question se résument à :

  • Que votre parole soit impeccable.

Parlez avec intégrité, ne dites que ce que vous pensez vraiment. N'utilisez pas la parole contre vous-même, ni pour médire autrui. Utilisez la puissance de la parole dans le sens de la vérité et de l'amour.

  • Quoi qu’il arrive, n’en faites pas une affaire personnelle.

Vous n'êtes pas la cause des actes d'autrui. Ce que les autres disent et font n'est qu'une projection de leur propre réalité, de leur rêve. Lorsque vous êtes immunisé contre cela, vous n'êtes plus victime de souffrances inutiles.

  • Ne faites pas de suppositions.

Ayez le courage de poser des questions et d'exprimer vos vrais désirs. Communiquez clairement avec les autres pour éviter tristesse, malentendus et drames.

  • Faites toujours de votre mieux.

Votre "mieux" change d'instant en instant. Quelles que soient les circonstances, faites simplement de votre mieux et vous éviterez de vous juger, de vous culpabiliser et d'avoir des regrets.

Partie d'un jeu, j'ai revisité les concepts de la Méthode ESPERE®, en les abordant sous un autre angle. Cela m'a donné un complément, un élan pour mieux m'approprier les outils et me procurer des soins relationnels à moi-même.

Par exemple : l'explication du premier accord redit la force de la Parole, son pouvoir créateur qui peut être soit amplificateur de vie, soit énergétivore : je me suis remise en vigilance, avec mes mots, pour réduire encore mon recours au Système SAPPE !

Deuxième exemple : Dans le troisième accord : j'ai lu que si je pense au "bout" de l'autre, je me fais une opinion et ensuite je vais défendre mon opinion au risque d'abîmer ma relation. Cela a éclairé la proposition de Jacques Salomé de ne pas confondre la personne et son propos.

Je me suis aussi proposée mes quatre repères personnels.

Troisième exemple : ce travail de relecture des règles d'hygiène relationnelle m'a fait travailler ! Je retrouve de la confiance en mes Possibles pour rédiger mon mémoire et valider ma formation en Méthode ESPERE®..

Cela me confirme aussi la force que je puise dans le travail avec mes consoeurs en Méthode ESPERE®.

Je leur dis « MERCI ! »

Et merci aussi à Janine FORTIN pour sa présence tonique et joyeuse.

  

Catherine BONNEFOND[5]

J’apprécie de me retrouver dans ce groupe de travail autour de la Méthode ESPERE®. Ce sont des moments que j’accueille et je remercie la vie pour tous ces cadeaux de rencontres, de partages… qui sont autant d’occasions pour moi d’avancer.

Irène a été le moteur de cette journée dans le sens où elle a proposé au groupe d’organiser cette rencontre ensemble, en fonction des possibles de chacune. J’ai accueilli cette opportunité pour moi de me mettre en marche en m’impliquant quel que soit le nombre de participants.

J’ai souhaité participer à l’atelier autour des « soins relationnels », en co-animation, avec Irène.

J’ai choisi de mettre en place une animation interactive vers une définition des soins relationnels afin de permettre aux participants de mieux s’approprier cette terminologie.

Voici une des définitions proposées : « Les soins relationnels sont un accompagnement écologique qui invite à une réflexion personnelle, qui nous relie à notre histoire, qui permet d’oser et de vivre une plus grande liberté intérieure. »

Merci à chacune pour ce beau travail.

 

Irène TALMONE[6]

Pour cette journée de partage, j’ai souhaité approfondir le thème des soins relationnels. Ce thème revient en effet souvent dans les discussions que je peux avoir dans le cadre de mon métier et j’ai eu à plusieurs reprises l’occasion de lire des articles sur le sujet dans les cahiers de l'association de Médecine et de Soins relationnels. J’ai par ailleurs entendu qu'un module « soins relationnels » était proposé en région parisienne dans la formation des infirmières.

 Ma curiosité fut tout particulièrement stimulée lorsque j’ai eu en main le contenu de la formation destinée aux infirmières. J'ai eu envie de réfléchir sur une proposition de formation sur « les soins relationnels » version Méthode ESPERE®. D’autre part, le souhait de chacune dans le groupe d'élargir notre réflexion avec un plus grand nombre « d'Esperetout » afin de construire une trame qui pourrait servir de base à un atelier, une formation sur « Les soins relationnels » autour de  la Méthode ESPERE®. m’a décidée à passer du désir à la réalisation de ce projet de journée consacrée aux soins relationnels.

 Ce 20 novembre, j'avais en charge d'animer la partie « construire une formation ». J'ai mené cette partie avec qui j'étais ce jour-là, enthousiaste, vulnérable avec mes fautes d'orthographe et ma blessure d'injustice.

 J'ai pu proposer une trame de réflexion, utiliser la carte d'identité relationnelle, la confirmation, la reformulation, l'affirmation, la gestion de la parole.

Ce jour-là, nous avons abordé les soins relationnels : pour quelle forme de séance, les objectifs, la méthodologie et le contenu...

Je ressens une fierté d'avoir contribué à ce travail d'équipe.

En effet, proposer à un grand nombre de personnes de participer à une journée de travail fut une fois de plus, pour moi, un challenge : celui d'affronter ma crainte de ressentir, à nouveau, un rejet.

tl_files/infolettre/02/Infolettre 03/infolettre3/photos Marie, Irene....jpgNous avons terminé la séance par un collage individuel sur notre représentation des soins relationnels. Chacune a choisi ses images, son thème et nous avons présenté notre créativité.

Pour celui ou celle qui souhaite recevoir notre dossier complet chacune de nous est à sa disposition pour répondre à votre demande.

Nous remercions vivement chaque personne ayant répondu à notre proposition de journée de partage… Merci pour votre présence, vos encouragements et vos cadeaux de visualisation et de créativité.

 

Marie Cammescasse :  06 70 01 23 06
Marie Ridao : 06 69 10 50 26
Catherine Bonnefond : 06 61 82 64 09
Irène Talmone : 06 25 77 22 11



[1] Pédicure-podologue, formatrice en communication relationnelle formée à la Méthode ESPERE® de Jacques Salomé au centre ADRES à Paris. Marie Camescasse va re-traiter sa vie de pédicure-podologue au printemps prochain. Dans ses consultations, la Méthode ESPERE® l’a conduite à prendre en compte ses patients en cessant de les confondre avec leur symptôme, à être disponible pour les écouter. Elle a lâché la relation « SOI NIENT-SOI-NIE ».

[2] Marie Camescasse, La Méthode ESPERE® c’est le pied !, Claye Souilly, janvier 2011. 

[3] Praticienne de la Méthode ESPERE® en cours de validation, Marie Ridao est infirmière. Elle anime auprès de personnes d’un grand âge un temps de paroles avec l’appui des outils de la Méthode ESPERE®.

[4] Les quatre accords toltèques, Éditions Jouvence, traduit par Olivier Clerc, 1999.

[5] Catherine Bonnefond est praticienne en communication relationnelle formée à la Méthode ESPERE® de Jacques Salomé au centre ADRES à Paris, Ostéopathe, Praticienne TIPI. Elle accompagne les enfants, adolescents, adultes à mettre des mots sur les maux vers l’écoute du sens de leur souffrance.

[6] Irène Talmone est pédagogue en communication relationnelle formation initiale depuis 1995, praticienne en sophrologie et animatrice en promotion de la santé. Irène anime des conférences et des ateliers pour tous les publics.

EVENEMENTS

WE de supervision animé à Paris par Jacques Salomé les 2 et 3 juin 2012
Ce WE de supervision est réservé exclusivement aux adhérents de l'IEI.
Les objectifs de ces deux journées : 
 
Il s’agit, pour chaque participant qui s’y engage, d’accepter : 
  • d’une part, un travail d’analyse et de clarification à partir de sa propre implication, concernant des situations relationnelles qui touchent à la mise en œuvre de la Méthode ESPERE® que ce soit dans le cadre de sa vie personnelle ou professionnelle ; 
  • d'autre part, - et en tant qu’observateur - de proposer sa propre analyse et/ou ses clarifications, à celui ou celle qui a présenté une situation. 
 
À partir de situations qui soulèvent des interrogations chez celui qui les a vécues directement, ce travail visera à :
  • confronter son expérience aux outils, aux concepts et aux règles d’hygiène relationnelle spécifiques de la Méthode ESPERE®
  • tenter de développer des ressources et de clarifier les zones d’ombre qui habitent chacun 
  • partager des pratiques individuelles, pour mieux cerner les convergences et les divergences qui les relient ou les séparent. 
 
- Dates : 2 et 3 juin 2012
- Lieu : Les Diaconesses de Reuilly
- Adresse :  18, rue du Sergent Bauchat - 75012 Paris
- Horaire : le 2 juin 2012, accueil à 9h et démarrage à 9h30 jusqu'à 17h30. La supervision sera suivie par l'AG de L'IEI à 18h jusqu'à 19h30. Le 3 juin 2012 : 9h - 17h30.
- Prix : entre 60 et 80 euros à payer en espèces le 2 juin au matin lors de votre inscription.


ESPACE ADHERENTS | L'histoire d'un conte...

par Maryse Legrand, Blandine Hamon Clementz et les stimulations de Caroline Von Bibikow

Lors de notre colloque du mois de mai 2011, j’ai participé à l’atelier « contes » animé par Caroline Von Bibikow dont j’apprécie tout particulièrement l’approche et le travail. Cet atelier créatif d’écriture avait pour titre : Le conte métaphorique, un outil de la Méthode ESPERE®

et pour descriptif la présentation suivante rédigée par Caroline von Bibikow :

tl_files/infolettre/02/Infolettre 03/infolettre3/Caroline VB infolettre3.png Une petite histoire laisse souvent plus de souvenirs qu’un long discours, les images nous parlent  en général plus que les mots car elles touchent nos sens et notre cœur plus que notre esprit.  Inspiré par le travail d’écriture de contes de Jacques Salomé, l’atelier a pour objectif de  permettre à chacun de se familiariser avec le genre. En comprendre la mécanique d’une part,  laisser stimuler sa créativité d’autre part. L’écriture métaphorique est une écriture du cœur,  aucune disposition littéraire n’est requise. Adressé aux praticiens déjà expérimentés qui  souhaitent élargir leurs possibles, l’atelier s’articulera autour de moments créatifs collectifs et  individuels et visera à métaphoriser les autres outils de la Méthode ESPERE®. 

Lors de cet atelier nous avions travaillé en petits sous-groupes, différents à chaque fois, selon les étapes de la rédaction du conte que nous avions abordées. Au début de l’automne dernier j’ai eu l’agréable surprise de recevoir un courriel de Blandine Hamon. Stimulée par cet atelier dans lequel je m'étais retrouvée avec elle, elle m’envoyait un conte qu’elle avait rédigé à l’attention de parents adoptifs qu’elle accompagne.

Je joins ci-dessous, l’échange de courriers que nous avons eu toutes les deux, ainsi que le conte de Blandine, intitulé Une petite fleur qui ne se croyait pas assez belle.

 

tl_files/infolettre/02/Infolettre 03/infolettre3/blandine infolettre3.pngLe 27/09/2011 10:1 Blandine Hamon a écrit :

Bonjour Maryse,
Nous nous étions retrouvées à l'atelier conte lors du colloque ESPERE et tu m'avais encouragée à développer mon imaginaire.
J'ai donc commencé et j'ai écrit ce premier conte pour des parents adoptifs que j'accompagne.
Après avoir reçu l'avis de Caroline (Von Bibikow) qui m'a incitée à le diffuser j'ai plaisir à te l'envoyer en te remerciant pour ce regard positif que tu as porté sur moi en mai 2011.
Bien cordialement. Blandine

 

À réception de ce mail, j’ai retrouvé une part du plaisir que j’avais éprouvé au cours de cet atelier d’écriture de « contes ». Je me suis souvenu avec joie du moment où j’avais quitté Blandine : c’étaient son enthousiasme, son sourire ravi, son regard malicieux, pétillant et rayonnant qui m’avaient incitée à l’encourager à écrire des contes.

 

Le 27/10/2011 20:12, Maryse Legrand a écrit :

Bonsoir Blandine,
Je réponds tardivement mais avec enthousiasme à ton message.
C'est avec un grand plaisir que j'ai lu ton conte.
Je me félicite de t'avoir transmis cet encouragement que je renouvelle aujourd'hui.
Je serai ravie d'en recevoir d'autres lorsque tu auras l'occasion d'en écrire à nouveau.
Je ne sais pas si tu as lu l'infolettre n°2 sur laquelle j'ai proposé deux références d'articles sur le thème des contes.
Avec mes cordiales pensées
Maryse

 

Le 02/11/2011 11:12, Blandine Hamon a écrit :

Merci pour tes encouragements Maryse.
Oui j'ai bien reçu l'infolettre avec la référence des contes et j'apprécie toujours son contenu.
Cela redonne du dynamisme de voir ce que font les autres.
D'ailleurs je t'autorise à y publier mon conte si cela peut aider des formateurs qui accompagnent des familles adoptives.
Bien cordialement.
Blandine

 

Une petite fleur qui ne se croyait pas assez belle

C’était une petite fleur de montagne qui avait vu le jour, bien malencontreusement, dans la fissure d’une plaque rocailleuse bordant un chemin de montagne.

Sa situation n’était pas des plus enviables : enserrée dans un roc dur et froid, sans la protection des herbes des alpages ni l’abri d’un sous-bois, elle était exposée à toutes les intempéries, vent glacial, pluie diluvienne, chaleur mordante du soleil, sans pouvoir bénéficier d’une quelconque protection ni d’une douceur apaisante.

Seul un petit compagnon venait de temps en temps lui apporter une présence réconfortante et lui laisser dans le cœur l’espoir d’un monde meilleur : c’était un joli papillon aux couleurs bleutées, qui par temps calme, venait la butiner, en silence, avec tant de douceur et de délicatesse qu’elle entrevit, à son contact, le goût de la tendresse d’une rencontre.

Malgré cet environnement difficile cette petite fleur tenait bon. Elle manifestait d’ailleurs une résistance hors du commun car elle était dotée d’un talent exceptionnel : une soif inaltérable de vie, ce qui l’aidait à demeurer vaillante malgré les gifles du vent, les brûlures du soleil, les blessures de la pierre ou les saucées de la pluie.

Sans qu’elle en soit consciente, le plus dur pour elle était l’absence des siens. Sa petite graine avait été dispersée par le vent, loin d’une zone d’alpage où vivaient ses jumelles et ses ancêtres. Elle ne savait donc pas à qui elle ressemblait, ni quelle fleur adulte elle pouvait devenir et, souvent, elle se sentait terriblement seule au monde, sans famille et sans appui.

Aussi elle s’était inventée un nom : Passibelle et une famille prestigieuse, les Passiflores, Un couple de touristes avait évoqué ces fameuses fleurs tropicales, si fascinantes, un jour lors d’une halte sur son rocher. Elle aimait donc s’imaginer être issue de l’une d’elles et vivre sous la chaleur bienfaisante du soleil, à l’ombre des palmiers, face à un lagon aux eaux turquoise cristallines ! L’imaginaire aide à survivre, comme chacun sait !

Un jour, un couple de randonneurs passa sur le chemin. En voyant Passibelle coincée dans le rocher, ils furent profondément touchés par sa délicatesse, sa beauté et ce mélange de fragilité et de force perçant la rudesse de la roche.

Oh, dit la femme, que cette petite fleur est originale et gracieuse, c’est exactement ce genre de fleur que je voulais mettre dans ma véranda et que je cherchais depuis si longtemps !

Ils se concertèrent rapidement et décidèrent de donner à cette petite fleur des conditions de vie plus acceptables. L’homme prit alors son opinel et, délicatement, la sortit de son abri précaire, prenant soin de creuser profondément pour lui conserver quelques racines, puis il l’emmaillota dans un mouchoir humide. Sa femme la tint précautionneusement dans sa main tout au long du chemin du retour, lui glissant des regards admiratifs et des petits mots doux : que tu es jolie, disait-elle, que je suis heureuse de t’avoir trouvée ! Tu seras bien chez nous, tu verras, nous allons prendre soin de toi et tu illumineras notre foyer.

C’est ainsi que Passibelle se retrouva un jour, bien installée dans un joli bac aux couleurs chatoyantes, auprès d’un citronnier et d’une plante verte sous l’abri d’une véranda bien exposée au soleil. Elle recevait tous les soins nécessaires à sa survie, et elle embellissait à vue d’œil : elle avait beaucoup grandi, sa tige était devenue plus droite et ses feuilles étaient passées du vert pâle au vert émeraude. Ses pétales, jaunes au départ, se nuançaient de teintes orangées avec un liseré rouge du plus bel effet et ses sépales s’épanouissaient en une couronne harmonieuse. Tous les jours l’homme et la femme, au cours des soins, lui parlaient tendrement et s’extasiaient de voir une si miraculeuse transformation !

Passibelle mettait toute son énergie à s’adapter à son nouveau milieu, s’efforçant d’être agréable pour se conformer à leurs attentes, à la fois heureuse d’être enfin protégée des intempéries mais aussi anxieuse de ne pas les décevoir afin de ne pas revivre la solitude d’avant.

Au bout de quelques semaines elle commença néanmoins à se sentir un peu à l’étroit dans cet environnement douillet et puis, des souvenirs venaient la hanter.

Le froid, le vent, la pluie, aussi inconfortables fussent-ils, lui manquaient. Elle s’était confrontée à eux depuis toujours. Ils étaient constitutifs de sa personnalité, ils étaient ses repères et sa lutte contre eux avait façonné sa stratégie de survie, avait donné un sens à son existence, lui avait permis de passer le temps. Ici, l’ennui la gagnait, la nostalgie l’envahissait et de multiples questionnements la taraudaient :

Avait-elle le droit de bénéficier d’un tel confort ? Etait-elle digne de ce bonheur ainsi offert ? Pourquoi ces gens faisaient-ils tout cela pour elle ? Elle se sentait terriblement redevable et la crainte d’être rejetée l’envahissait. Pourrait-elle continuer durablement à leur plaire ? Quelle déception allait-elle leur infliger ? N’allait-elle pas être jetée dans une vulgaire poubelle quand ses hôtes si attentionnés se rendraient compte de son véritable état ? N’était-ce pas son lot d’ailleurs ? Elle ne pouvait pas rivaliser avec les orchidées ou les jolies roses qu’elle avait aperçues dans le jardin de son nouveau logis.

D’autre part, inlassablement, l’image de son papillon bleu lui revenait à la mémoire et elle éprouvait alors une grande tristesse. L’ami précieux qui lui avait offert ses premières caresses lui manquait énormément. Que devenait-il ? L’avait-il oubliée ? Etait-il mort ? À cette pensée de grosses larmes de rosée venaient l’inonder chaque matin et son cœur de petite fleur se parsemait de petites tâches marron, à peine perceptibles à l’œil nu, mais qui risquaient de s’étendre et de la défigurer. Quelle angoisse ! Quelle horreur ! Du coup il lui poussait des épines repoussantes sur sa tige et sa tête commençait à fléchir.

Habituée à lutter toute seule contre les intempéries, elle ne savait pas qu’il était possible de se confier, notamment à cette femme si gentille qui la soignait chaque jour et lui ouvrait son cœur. Avec le cœur, comme chacun sait, toute personne peut comprendre le langage des fleurs, même s’il est dérangeant.

Mais cela, Passibelle ne pouvait le concevoir. Son monde intérieur s’était construit dans le site de la montagne noire, un monde terrible où les conditions sont hostiles, où chacun survit comme il peut, sans aide ni soutien. Elle ne pouvait pas imaginer que d’autres modes relationnels soient possibles !

Et puis comment dire à quelqu’un à qui l’on doit tout, qu’on a des regrets de son effroyable vie antérieure ou que nos souvenirs lugubres peuvent être aussi  teintés de couleurs arc-en-ciel ?

Un matin cependant, sa soigneuse prit plus de temps qu’à l’accoutumée pour pulvériser soigneusement d’eau de pluie son feuillage tendre. Cette femme la regarda avec plus d’attention et se mit à lui parler avec des mots tout simples, des mots gratifiants qui valorisent, des mots qui racontent, des mots pour faire revivre leur première rencontre, la joie qu’elle avait eue de la trouver après tant d’attente, le désir qu’elle avait de la voir s’épanouir, ici, pour très longtemps. Puis elle s’assit à ses côtés pour la contempler. Elle n’avait pas pris ombrage des égratignures laissées sur ses mains par les épines de Passibelle. Elle n’y voyait pas une attaque contre sa personne mais bien un mode de protection de sa petite fleur effarouchée.

Sa disponibilité et sa gentillesse mirent Passibelle en confiance. Elle étala ses pétales et mit à jour son cœur, tout tacheté à présent. De celui-ci s’exhala un parfum à l’odeur épicée, mélange d'effluves de contentement, de tristesse, d’anxiété, de colère et de désarroi. Se déverser ainsi lui fit déjà le plus grand bien. Puis elle fut particulièrement surprise de la réaction de sa soigneuse. Celle-ci, très disponible ce jour-là, à l’écoute, tous ses sens éveillés (le 6ème y compris), lui confirmait petit à petit, dans son langage humain, ce qu’elle voyait, entendait, ressentait de sa souffrance cachée :

Ce changement de milieu doit être bien difficile pour toi, lui disait-elle doucement, ton monde d’avant doit te manquer ! Je te sens si triste, fâchée, peut-être as-tu parfois envie de le retrouver ? Ton petit cœur est tout tacheté de marron, cela serait-il un signe de chagrin, de perte, de deuil ? Mais tu es belle ainsi et j’ai un amour tout particulier pour toi, même avec tes épines et ta tête penchée. Tu sais, tu seras toujours unique et irremplaçable à mes yeux et toujours assez belle pour moi !

Ces mots, dits avec tant d’amour et de respect, retentirent très profondément dans le cœur de Passibelle. Elle comprit, ce jour-là, qu’elle pouvait s’enraciner dans ce nouveau foyer, sans risque de se perdre, Elle trouva ce nouveau nom, Assébelle, qui lui était attribué avec tant de bienveillance, tout à fait acceptable, puisqu’il n’impliquait pas le reniement de son passé. 

Reconnue, entendue, acceptée et aimée telle qu’elle était, elle décida alors d’adopter son nouveau milieu et s’autorisa enfin à s’y épanouir.

Avec beaucoup d’ardeur et de persévérance, Assébelle s’efforça alors de relever la tête et de soigner ses blessures. Au sein de la nébuleuse de ses souvenirs brumeux, elle apprit à distinguer les violences reçues, des cadeaux offerts par la vie. Elle déposa les premières et se servit des seconds pour raffermir ses racines et sa tige. Sa curiosité s’éveilla à l’égard de son nouveau cadre de vie. Elle s’appropria même son côté précieux en découvrant le plaisir du confort et de la bonne compagnie. Curieusement, ses épines se mirent à tomber, l’une après l’autre, sans effort. Son cœur reprit ses belles teintes orangées, ses feuilles retrouvèrent leur éclat et leur brillance. Un futur plein de promesses lui devenait accessible !

Elle devint ainsi de plus en plus rayonnante, illuminant de sa beauté le local où elle grandissait, faisant s’extasier les gens de la maison, leurs amis et invités sur sa très singulière façon d’apporter un supplément de bien-être à son entourage.

J’ai entendu dire qu’elle s’est mise à diffuser, sans relâche, un parfum d’une grande originalité : une senteur sauvage de bois résineux montagnard, alliée à l’arôme délicat et raffiné d’une atmosphère douillette et feutrée, le tout saupoudré d’un soupçon de fragrance tropicale au goût acidulé des fruits de la passion.

On dit aussi qu’un très joli papillon mauve a pris l’habitude de venir, chaque soir, se poser sur ses pétales, attiré par son rayonnement. On raconte qu’ils auraient réussi, tous deux, à créer un nouveau type de relation très créative, dont les caractéristiques sont le respect des différences, la communication et la responsabilisation de chacun.

Mais cela est une autre histoire...

 

Conte écrit par Blandine Hamon Clementz

"L'OBJET DE..." | raconte-moi comment tu symbolises !

Et vous ? Quel est votre objet "fétiche" ?

Ha ! symbolisation quand tu nous tiens !
La petite chinoise de Lieve Joris, le tatou guyanais de Sébastien Lapaque, la boîte à chaussures de Mâkhi Xhenakis, la pièce d'or de Palestine de Metin Arditi, la laque abstraite de Minh Tran Huy - autant d'objets et d'écrivains que de récits inattendus.
"L'Objet de..." est une série produite par les éditions Actes Sud et réalisée par David Unger. La 4ème saison a été diffusée cet été sur Paris Première.
Un régal ! 
Caroline Houlbert de Coccola 

COMMUNICATION DU CA | Réactualiser ses connaissances : c'est possible !

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Cela ne coûte rien et permet de réactualiser, raviver, recolorer les connaissances de chacun.

Belles découvertes à chacun et chacune de vous.



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