Infolettre 11 | La créativité, une alternative à la violence ?


ÉDITO | La créativité, une alternative à la violence ?

La créativité, une alternative à la violence ?

Et si ce printemps était propice au réveil… à l’éveil de notre créativité ?

Initiative, audace, inventivité… La créativité n’est pas un don, réservé à quelques grands artistes. Il est possible d’être créatif à chaque instant, dans son travail, dans sa vie amoureuse, dans son activité de parent, dans ses amitiés et ses loisirs… Chacun porte en soi quantité d’idées neuves, de capacités inventives, de projections originales… Nous créons tous, plusieurs fois par jour, sans forcément nous en rendre compte : une nouvelle recette, des mots pour rassurer un enfants, réconforter un ami, quelques fleurs cueillies et rassemblées en bouquet, une histoire sortie de nul part…

Faire vivre sa créativité est non seulement une source de joie inépuisable, mais permet aussi de repousser davantage les limites de notre imagination et de jouer avec les contraintes sociales qui structurent inévitablement notre quotidien. Stimuler notre créativité nous permet de changer notre relation au cadre, le regard que l’on porte sur les événements qui jalonnent notre existence. Au lieu de subir ou de lutter, de se soumettre ou de proposer la violence, il devient possible de trouver sa place dans la grande organisation sociale.

Encore faut-il OSER ! Oser vivre sa créativité ! Oser accepter ce mouvement de la vie, ce jaillissement qu’est la créativité !

Et pour qu’OSER soit possible, peut-être devons-nous tout d’abord dépasser nos peurs, nos croyances, nos auto-saboteurs et parfois même l’inertie de l’habitude, pour découvrir ou (re)découvrir cette grâce qu’est la créativité… une grâce qui s’acquiert, se travaille et s’entretient !

Caroline Houlbert de Coccola, secrétaire adjointe de l'Institut ESPERE International.

ACTUALITÉS DU CA

Bien chers adhérents, futurs formateurs et en formation,

Avril est de retour avec toute sa vitalité printanière stimulante et réjouissante ! C’est avec plaisir que je vous partage ces informations sur les activités des membres du CA, ainsi que sur les projets qui s’adressent tant à vous, nos adhérents, qu’au grand public.

Au dernier conseil d’administration, plusieurs sujets ont été discutés, notamment la mise à jour des statuts de l’IEI, l’état du renouvellement des adhésions légèrement à la baisse, la révision de la cotisation, l’organisation de la supervision de juin pour les adhérents, la révision de notre site Web, la page Facebook…

Deux nouveaux projets ont vu le jour. Le premier est une journée internationale sur la communication pour fêter le Méthode ESPERE®. Cette journée aura lieu le 1er octobre 2016. En plus de faire connaître la méthode au grand public, celle-ci vise également à faire connaître les praticiens ESPERE et leurs activités dans chaque ville/région/pays. Cette journée est la vôtre, chacun est invité à proposer des activités, seul ou en groupe, et à transmettre les programmes à l’IEI qui placera ces informations sur son site Web. Une affiche commune est en création et sera accessible pour y inscrire vos activités et diffuser vos informations. 

Le second projet est une journée d’échanges pour les formatrices et formateurs en cours d’accréditation qui fait suite à des demandes exprimées lors du colloque de juin dernier. Cette première journée organisée aux deux ans se tiendra le 13 juin prochain.

La révision de notre site Web progresse. Le site intégrera différentes fonctionnalités qui seront automatisées et la consultation en sera simplifiée, tant pour le public (accès pour tous) que pour les membres (accès réservé). Un merci tout spécial à tous ceux et celles qui ont répondu à notre sondage. La production d’un cahier de charges en vue de la refonte du site est en cours. 

Enfin, je vous rappelle que la prochaine supervision pour les adhérents aura lieu les 11 et 12 juin. Ce temps de supervision de groupe proposé par l’IEI tous les deux ans – depuis 2006 – est une occasion unique et stimulante de mettre en commun nos expériences respectives et nos questionnements autour de la Méthode ESPERE®. Notre assemblée générale se tiendra également le 11 juin à 18 h. Celle-ci entend les rapports moral et financier de l’association et statue sur les questions posées par le CA. C’est vous qui êtes au cœur de votre association et votre présence est importante.

Dans le plaisir de vous retrouver lors d’une prochaine activité.

Très chaleureusement, 

Janine Fortin, présidente de l’Institut ESPERE International, 21 avril 2016

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CHRONIQUES DE JACQUES SALOMÉ | Solidarité ESPERE !

Le 11 mars dernier, Jacques Salomé nous adressait ce message que nous vous partageons :

« Appel à votre solidarité ESPERE,

Chers vous qui au fil des années avez pris à cœur La Relation, je vous adresse aujourd’hui mes remerciements.

Votre présence accueillante, votre enthousiasme d’apprendre, votre courage de mise en commun, votre aisance dans la transmission de cette graine relationnelle, me stimule encore dans mon combat de vie, me fait croire encore dans le rêve d’un monde meilleur plus relationnel, plus humain.

Je vous invite à préserver précieusement notre projet commun pour un élargissement et un agrandissement des possibles de cette approche relationnelle qui nous a fait tous réunir autour de l’Institut ESPERE International. Rester ensemble suppose adhérer. Adhérer au même mouvement pour aller au plus loin, c’est-à-dire au plus proche un avec l’autre pour tisser ensemble l’écologie relationnelle dans le quotidien de notre Existence. » 

NOUVEAUX ADHÉRENTS | En 2016, bienvenue à...

Sophie Baron

« Après 8 années en librairie, 10 comme chargée de communication (!) dans une structure culturelle, 3 de congé parental et 4 à Pôle emploi, la lecture émerveillée du livre Le courage d’être soi de Jacques Salomé m’a ouvert le chemin vers un domaine d’activité qui me correspondait pleinement.

La relation à mes 4 enfants a été ma motivation essentielle. En effet, plus ils grandissaient, plus je me sentais en difficulté pour les accompagner avec bienveillance et sérénité.

A présent, j’anime avec bonheur des ateliers sur la relation parent-enfant et je propose des interventions en milieu scolaire intitulées « Vivre des relations sympas à l’école… et ailleurs » avec, comme support, la présentation d’une mallette à outils ESPERE. »

La contacter : sophie.baron.espere@gmail.com ou 06 28 60 09 88

Sophie Baron a été formée à la Méthode ESPERE® par le centre Reliance, à Échirolles (Jean-Luc Mermet).

 

 

Laetitia Amanstl_files/infolettre/11/Mme_Aman.png

Mon métier de médecin m’anime à prendre soin de l’Autre, profondément. A tel point que j’ai envie aujourd’hui de transmettre à tout un chacun les clés d’une santé durable, c'est-à-dire « un état de complet bien-être physique, mental et social, et qui ne consiste pas seulement en une absence de maladie ou d’infirmité », selon l’Organisation Mondiale de la Santé. Réaliser que nous sommes partie prenante de toutes nos relations - relation à nous-même, relation aux autres - c’est pour moi avancer vers plus de responsabilisation, plus de puissance dans sa vie. Une vie en santé.

La contacter : loasisdesrelations@bbox.fr ou 0033 (0)6 68 35 92 55.

Son site : www.loasisdesrelations.com

Laetitia Amans a été formée à la Méthode ESPERE® par Michelle DAUMAS (IFRECOM) et Aleth NAQUET (Centre ADRES).

TEXTE ORIGINAL | La démarche symbolique, c’est l’anti-guerre

La démarche symbolique, c’est l’anti-guerre

« Souvent, trop souvent, nous sommes en guerre : contre nos émotions, notre corps, notre mental, nos sentiments : contre soi. Cette lutte est une atteinte à nos ressources créatives et à notre vivance. Elle empêche de vivre pleinement au présent, de développer des relations authentiques de qualité.

En collaborant à ce conflit intérieur, nous risquons de vivre l’état d’une créature constamment en révolte en en soumission.

Or, nous avons reçu de nos géniteurs une graine de vie qui fait de nous des co-créateurs.

Alors, osons sortir de l’état de créature embourbée dans ses batailles intestines et prenons les rênes de notre destinée.

Nelson Mandela a écrit : « Je suis maître de mon destin et capitaine de mon âme ».

Il suffit de retrouver son pouvoir créateur, de relier le JE et le JEU, de mettre sa créativité au service de sa capacité à être en création.

Pour cela, il existe un outil puissant : la symbolisation.

Symboliser, c’est créer, et créer, c’est une nouvelle respiration.

Chacun de nous a cette capacité à mettre à l’extérieur ce qui focalise l’énergie à l’intérieur.

Chacun peut se mettre en relation avec ce qui l’habite : un besoin qui étouffe, une émotion qui déborde, un désir tout puissant ; chaque part de nous qui a besoin d’être reconnue, entendue, écoutée.

Nous sommes des ex-enfants, mais notre mémoire d’enfant reste intacte. Notre enfant intérieur est fait de deux parties : l’une triste et blessée, victime de violences et de blessures ; l’autre libre et créative qui ne demande qu’à s’exprimer par de multiples langages pour impulser la renaissance du tout-petit oublié et exilé.

Se responsabiliser consiste à poser un acte fort : effectuer une démarche symbolique au cours de laquelle notre moi adulte (JE) va laisser l’enfant libre et créatif (JEU) agir pour l’enfant triste et blessé, cette part de nous qui a tant besoin de renaître.

Renaître a soi-même, c'est ainsi se rapprocher de son enfance pour y entendre les secrets oubliés, les souvenirs enfouis, ceux que nous n'avons pas voulu voir pour ne pas souffrir ou par peur de mourir.

Accueillir la renaissance en soi, c'est accepter de toucher les moments difficiles et d’entendre leurs langages.

Cela va permettre de se réapproprier des énergies bloquées par des blessures anciennes, des croyances limitantes ou tout autre facteur énergétivore de notre histoire.

Une symbolisation consiste à poser un acte puissant comme un ancrage relationnel vers quelque chose qui semble inaccessible. Remplacer une relation mortifère qui ronge l'intérieur par une autre accessible, créative, vivante, réparatrice, réconciliatrice, va permettre d'entendre les messages de l'inconscient pour guérir et grandir.

OSER prendre le risque d'accueillir l'émergence de ces émotions enfouies, ces souvenirs informes, ces besoins inassouvis, ces désirs jadis interdits… c'est libérer enfin un grand trésor en soi, celui d’une capacité créatrice immense pour s’inventer une nouvelle vie.

OSER utiliser la symbolisation comme langage, c’est donner un véritable sens au besoin de rêver et d’espérer. Si la guerre intérieure se calme, que la lumière et l’ombre cohabitent enfin, l’espérance grandit et la conscience de soi peut s’étendre à la conscience du monde. »

Corinne Cygler

Voir le site Internet : Ça crée la Vie

PARUTIONS | Des ouvrages à lire ou à consulter

Des amours vécues à l'amour de soi de Lucien Essique, Éditions Dangles

Découvrez le nouveau livre de Lucien Essique, formateur à la Méthode ESPERE®, qui vient tout juste de paraître ! Cet ouvrage nous invite à découvrir les différentes formes et nuances de l’amour, à nous relier à ce qui vibre en nous et à libérer l'expression de nos sentiments. Tous, nous sommes dotés d'une liberté intérieure dont il est important de prendre conscience. S'appuyant sur une expérimentation personnelle riche et sur les milliers de consultations professionnelles que Lucien Essique a données, celui-ci nous invite non pas à croire en un idéal d'amour, mais plutôt à croître en nous laissant porter par nos ressentis et l'évolution de notre conscience.

Qu’est-ce que l’amour ? Vous, votre voisin, l’enfant que vous croisez dans la rue... Nous en avons tous une conception différente ; cette énergie qui nous pousse à vivre chaque jour est présente partout et il en existe de nombreuses manifestations, mais savons-nous les ressentir, les vivre pleinement ? Que serait un monde sans amour ?

Que vous viviez seul, en couple ou en famille, dans toutes vos relations interpersonnelles, des plus intimes aux plus triviales, et dans tous les contextes, l’ouverture du cœur et le partage de l’amour permettent de se relier aux richesses et à la source de ce qui nous fait vivre : l’amour de soi, véritable énergie à l’origine de notre pouvoir de guérison et de notre force de vie.

Commander le livre

Voir le site Internet : Lucien Essique, thérapeute, auteur, conférencier

Journal de bord d’une ESPERienne

par Maryse Legrand, secrétaire de l’Institut ESPERE International, 7 avril 2016

Mémoire de fille

Pionnière des textes autobiographiques, il restait à Annie Ernaux un livre à écrire et, pour nous,      un livre important à lire…

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« J’ai voulu l’oublier cette fille. L’oublier vraiment, c’est-à-dire ne plus avoir envie d’écrire sur elle. Ne plus penser que je dois écrire sur elle, son désir, sa folie, son idiotie et son orgueil, sa faim et son sang tari. Je n’y suis jamais parvenue. »

« Dans Mémoire de fille, Annie Ernaux replonge dans l’été 1958, celui de sa première nuit avec un homme, à la colonie de S dans l’Orne. Nuit dont l'onde de choc s’est propagée violemment dans son corps et sur son existence durant deux années. » (4e de couverture)

Lire l'entretien d'Annie Ernaux

Écouter Annie Ernaux à l'émission L'humeur Vagabonde

ENTRE PAIRS | Rencontres « Entre pères »

par Sylvette Michel, formatrice à la Méthode ESPERE® formée au centre Reliance par Jean-Luc Mermet 

Directrice d'un centre social, Sylvette Michel met en application la Méthode ESPERE® dans le cadre de son activité professionnelle.

Avec son équipe, elle a mis en place un comité local de soutien à la parentalité et propose plusieurs actions animées avec la Méthode ESPERE® : 

- Un groupe de parole « entre pères » pour les pères séparés, divorcés ou en cours de séparation

- Un groupe de parole « pause parents » pour tous les parents et sur tous les sujets

- Des temps de paroles entre parents au moment de l'entrée des enfants à l'école maternelle

- Un café des parents coanimé par différents professionnels du territoire et par les parents eux-mêmes

- Des modules parents de 2 jours sur des sujets tels que droits/devoirs, relation parent-enfant, rythme de l'enfant (décliné en 2 modules l'un pour l'enfant et l'autre pour l'adolescent)

- Des ateliers de préparation à la parentalité

Certaines de ces actions sont déjà en place et rencontrent un franc succès, d’autres sont en cours d’élaboration avec les partenaires. 

« Lors de la journée de l'observatoire de la vie des familles en Isère, qui réunissait 500 personnes – professionnels, parents, bénévoles –, l'atelier "Entre pères" a été présenté comme une initiative novatrice débutée en 2015. Nous avons présenté cet atelier avec la Méthode ESPERE®, puis les pères ont témoigné de ce qu'ils vivaient dans ce groupe. Ce fut un beau moment de partage et d'émotion.

Ce groupe, que je coanime avec Michel Martin – formé lui aussi à la Méthode ESPERE® –, a maintenant 20 pères inscrits. Ils sont entre 7 et 9 à chaque rencontre. Celles-ci ont lieu le 1er lundi du mois de 19 h 30 à 21 h 30 au centre social.

L'animation est faite avec la Méthode ESPERE® et nous sortons les écharpes à chaque situation. Au départ, les pères ont été un peu réticents à utiliser les écharpes et maintenant ce sont eux qui les demandent. Tous les sujets qui concernent leur place de père sont abordés.

L'objectif est de :

- Permettre à chacun d'échanger et de se soutenir mutuellement

- Dépasser le contentieux conjugal ou familial

- Clarifier le rôle de chacun

- Situer les différentes institutions et comment les pères sont en relation avec elles (école, justice...)

- Explorer la relation parentale

- Prendre de la distance par rapport au conflit

- Mieux vivre la séparation

- Ne pas rester isolé face à ces situations

Je sors chaque fois de ces ateliers remplie d'énergie et je vois comment chacun avance à son rythme. La force du groupe réside aussi dans les liens qui se sont créés entre eux et qui leur permettent une forme de solidarité. »

Consulter le document présentant le groupe « Entre pères »

La contacter : 07 81 64 99 38

ÉVÉNEMENTS | Supervision pour les formateurs et praticiens ESPERE

Supervision proposée aux formateurs et praticiens ESPERE adhérents de l'IEI

Dates : 11 et 12 juin 2016

Organisée tous les deux ans, cette supervision est animée par l'équipe des formateurs de formateurs ESPERE. C'est une occasion unique et stimulante d’échanger sur nos pratiques, de mettre en commun nos expériences respectives et nos questionnements autour de la Méthode ESPERE®. Cela permet également de mieux nous connaître et de créer des liens, favorisant ainsi cohésion et cohérence dans la diffusion de cette approche, tant au niveau de ses contenus que de sa méthodologie. 

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CONTER LA METHODE ESPERE® | L'oiseau souris

par Geneviève Abrahamformatrice en cours d'accréditation

L'oiseau souris

tl_files/infolettre/11/Oiseau_souris.pngIl était une fois un petit oiseau bien coloré. Il était né un peu étrange aux yeux du monde, étant différent. En effet, c’était un oiseau à deux faces, c’est-à-dire avec deux visages. D’un côté, c’était un petit oiseau frêle aux grands yeux ronds avec un bec rouge, au cou avec une tâche blanche formant un cœur, ainsi qu’aux larges ailes vertes. De l’autre côté, il avait un visage de souris, avec deux yeux tout blancs et un petit museau, ainsi que de belles moustaches toutes fines pour se repérer dans l’espace et flairer ce qui se passe.

Il pouvait ainsi tantôt voler ou tantôt courir sur ses petites pattes de souris. La situation était un peu originale, vous en conviendrez.

De plus, selon les saisons, son pelage du côté souris ou ses plumes du côté oiseau pouvaient changer de couleur. Ce qui le rendait très fier. Oui, Suzon, car tel était son nom, était tout à fait à l’aise d’être ainsi. Cela lui paraissait normal puisqu’il était né comme cela. Il apprit ainsi à utiliser ses savoirs, ses dons et ses talents au gré de ses envies. Tantôt plutôt oiseau, tantôt plutôt souris. Mais cela ne fût pas du goût de tout le monde. Bientôt, il alla à l’école et là, il découvrit un autre monde.

Alors que sa famille l’avait protégé, un peu trop peut-être d’ailleurs, là, tout était devenu bien différent. Les autres élèves de sa classe l’affublèrent de toutes sortes de noms… d’oiseaux ! Et autres quolibets. Certains mêmes allèrent jusqu’à le faire tomber. 

Suzon essaya bien de se défendre, mais il n’y parvenait guère. Dans un premier temps, il essaya la gentillesse, puis il usa de stratégies pour faire pitié et lorsqu’il comprit qu’il n’arriverait plus à rien, il parvint à la méchanceté et à feindre l’insensibilité.

Mais une drôle de chose arriva. A mesure qu’il prenait de la distance avec les autres, qu’il se révoltait et devenait dur, son corps se refroidissait. Un petit peu au début, puis de plus en plus. C’était devenu un petit oiseau souris tout froid et tout gris de partout. Ah oui, car j’ai oublié de vous dire qu’à mesure qu’il refroidissait, ses couleurs disparaissaient !

Et un jour d’hiver plus froid que d’habitude, un jour de neige et de vent glacial où il se rendait à l’école, son corps gela entièrement. Tout son corps se cristallisa dans un grand glaçon. Il était littéralement congelé.

Et je ne sais par quelle étrangeté, personne ne le voyait. Il semblait invisible alors qu’il se trouvait bien à l’intérieur.

Il vécut ainsi momifié. Rien ne pouvant briser la glace. Ni les douces caresses du soleil, ni le temps passant. Son petit cœur battait tout de même, mais rien d’autre ne bougeait.

tl_files/infolettre/11/Rhododendron.pngEt puis, un jour de printemps, une fleur de rhododendron passait par là. Elle revenait toute triste de l’école où elle aussi avait subi les moqueries de ses camarades. Elle s’assit par terre et se mit à pleurer. Elle se parlait à elle-même et, en même temps, elle parlait aux éléments, au vent, au soleil, aux plantes.

A mesure qu’elle pleurait, des larmes roulaient le long de ses joues et tombaient à terre. Et le glaçon qui était tout près commença à fondre tout doucement, réchauffé par les larmes du rhododendron.

Il fondit jusqu’à ce que Suzon apparaisse. Et la belle fleur rouge finit par l’apercevoir. Elle fut très surprise de voir cet oiseau souris là, présent, quasi inerte. Elle se demanda s’il était vivant et le toucha.

Mais dès lors qu’elle le toucha, son doigt resta collé et cela la brûla. Elle parvint tout de même à le décoller heureusement ! Suzon, lui, ne pouvait pas encore bouger. Il était encore momifié et pétrifié. Et la belle petite fleur observa tout de même que son cœur battait. Alors elle se mit à lui parler tout doucement, à lui fredonner des berceuses. Et tous les jours après l’école, elle lui rendait visite, se confiant à lui comme à un meilleur ami. A mesure que Fleur (j’ai oublié de vous dire son prénom !) prenait soin de lui, Suzon se réchauffait petit à petit.

Elle s’en rendait bien compte, même si les changements étaient lents et subtils. Elle avait remarqué que des couleurs commençaient à apparaître et qu’il pouvait désormais cligner des yeux. Jamais elle ne baissa les bras. C’était comme une mission pour elle. Voir son ami reprendre vie lui redonnait confiance en elle, la rendait plus vivante et plus heureuse. D’ailleurs, à l’école, elle avait désormais des amies et les autres ne l’embêtaient plus.

Fleur respectait Suzon comme jamais elle ne l’avait fait pour personne d’autre. Elle allait à son rythme et faisait toujours preuve de délicatesse, de générosité et de prudence. Ainsi, elle observait toujours les signes que pouvaient lui faire Suzon et elle fut ravie un jour de pouvoir sentir que c’était le moment de lui demander si elle pouvait le prendre au creux de ses pétales pour le caresser tendrement. Suzon acquiesça tout en lui demandant de faire très doucement.

Ainsi, Suzon avait désormais une amie. Celle qui lui avait redonné vie. Et à mesure que Fleur parlait d’elle quotidiennement, lui confiant ses joies et ses peines, son intimité, Suzon apprit à parler de lui.

Et le jour où il lui révéla toutes ses peines, des larmes coulaient à son tour et ses ailes se mirent à se déployer. Il put ce jour-là de nouveau voler avec ses grandes ailes qui se recoloraient.

Fleur, bien sûr, l’encouragea et s’émerveilla de découvrir ses multiples talents et apprit à découvrir qui il était. Et c’était beaucoup de bonheur pour ces deux êtres qui prenaient soin l’un de l’autre.     

Ils vécurent ainsi, alternant larmes et rires, plein de légèreté, de vivance et d’insouciance, gardant ainsi leur cœur d’enfant bien vibrant jusqu’à la fin des temps.

Voir le site Internet : Communication et créativité

DES FILMS ET DES RELATIONS | Departures

Par Claire Richter, conseillère en communication relationnelle et formatrice à la Méthode ESPERE®

Certains films invitent au voyage de la Vie. À travers un scénario, des dialogues, des interprétations, nous amarrons pendant un instant à des ports inconnus, inédits, exotiques, étranges. L’occasion se présente alors de réfléchir sur soi et sur la relation que nous proposons à l’autre et à nous-même. Certains films laissent un sourire sur notre visage et invitent au partage. Cette rubrique pour partager avec vous les films qui me touchent, m’interrogent et m’interpellent. Ceux que je relie à ma pratique d’homo esperus.

Departures

tl_files/infolettre/11/Departures.jpgQuoi de plus naturel que de déposer un nouveau-né dans les bras de ses parents pour que ces derniers le nomment, l’accueillent et découvrent son odeur ? Et qu’en est-il de ce rituel une fois la Vie finie, l’âme envolée ? Lorsque le corps, étendu et apaisé, est présenté aux proches venus faire leurs adieux ?

Ce film poétique et bouleversant évoque la vie, la mort et la cérémonie des adieux dans la culture  japonaise. Il porte un autre regard sur ce passage que chaque être affronte seul quand sa Vie s’achève. Comme par magie. la différence culturelle s’efface pour laisser place à l’universalité, de notre condition humaine et de la douleur de ceux qui restent, quelle que soit la couleur de leur peau ou leur religion. 

 

1) Le voyage

Daigo tourne le dos à sa carrière de violoncelliste après l’éclatement de l’orchestre pour lequel il jouait et part vivre avec sa femme dans la maison héritée de sa mère. Cette même maison où il vécut heureux jusqu’au départ de son père. Il avait alors 6 ans. Son existence prend un cours insolite quand il répond à une annonce pour un emploi « d’aide aux départs ». Une faute de frappe et l’agence de voyage se révèle être une entreprise de pompes funèbres, une autre forme de voyage en quelque sorte.

2) Retour à la source

C’est dans la chaleur de l’eau des bains que Daigo venait cacher son chagrin d’enfant. C’est dans les mêmes bains qu’il vient se purifier après sa première mission. L’eau des bains chauffée au feu de bois invite à la réflexion ; au gré des rencontres, les liens sociaux se tissent. Tout comme les saumons remontent la rivière et retournent au bassin où ils ont vu le jour, notre héros affronte son passé, ses démons et ses peurs avant de se réconcilier avec son existence. L’histoire ne dit pas s’il y mourra, en revanche c’est en ce lieu qu’il transmet la Vie.

3) Transmission et cheminement

C’est le père aujourd’hui détesté, par cet ex-enfant en colère d’avoir été abandonné, qui a encouragé son fils à jouer du violoncelle. La fin de sa carrière ainsi que la décision de revenir dans son village  permettent à Daigo de trouver la trace de celui dont il a oublié les traits. Comme un clin d’œil du destin, son nouveau métier lui permet de retrouver ce père, de se réconcilier avec lui et surtout de se réconcilier avec lui-même.

4) Le rite funéraire

Faire ses adieux à un corps sans vie n’aurait-il de sens que pour ceux et celles qui restent ? Si c’était le cas, le rituel qui consiste à laver ce corps, le parer d’un habit, à redonner au visage aimé un peu de forme et de couleur ne serait alors qu’un acte purement égoïste. Car ce sont bien nous, les vivants, qui restons après tout. Et je me pose la question suivante : les êtres qui meurent n’emmènent-ils pas avec eux un morceau de nous, de ce que nous avons partagé, des moments forts de notre vie, les naissances, l’enfance, les mariages, les rires et les disputes ? En bref, ce qui a pu circuler dans la relation, ce qui a été transmis parfois et qui ne peut plus être partagé ?

Jacques Salomé énonce volontiers que « la Vie n’est qu’une suite de rencontres et de séparations ».  Comment célébrons-nous ces moments où la joie fait place au chagrin ? Prendre congé, dire adieu marque un moment fort dans l’existence. Cette rupture, souvent imposée, nous rappelle que le temps passe et combien ce temps est précieux. A travers ces images, je retrouve dans les mains qui célèbrent ce rite, un peu de la douceur des gestes qui accompagnent l’arrivée d’un nouveau-né. Comme l’aboutissement d’un geste commencé il y a plus ou moins longtemps. Ce film met en lumière cet instant qui peut être drôle et douloureux en même temps. Il met également en lumière ceux qui travaillent dans l’ombre, ces hommes et ces femmes qui mettent leurs mains au service de la Vie et de son aboutissement.

Voir le site Internet : communication-to-go

RESTONS CONNECTÉS | Blogue du Clown Relationnel®

tl_files/infolettre/10/Page FB Jacques Salome.pngSur la page Facebook de Jacques salomé sont partagées les dernières nouvelles de l'initiateur de la Méthode ESPERE® : publications, photos au gré des rencontres, vidéos, etc.

Voir la page Facebook : Jacques Salomé

HUMOUR ET PLAISIR | Notre créativité oubliée

Jacques Salomé est un des personnages de ce documentaire liant poésie, témoignages et performances artistiques. Réalisé par Étienne Gary et Christophe Delvallé, Notre créativité oubliée pose un regard positif sur notre créativité et les fabuleuses possibilités de notre cerveau. Il met en lumière les freins qui l’ont bridée et les atouts apportés par une sollicitation à tout âge de nos facultés créatives dans multiples domaines.

Faut-il un don pour créer ?
Quel enfant n’a pas dessiné ou chanté ?
Quel adulte ose encore le faire ?
Pourquoi ?

Le parti pris de réalisation a été de faire un film simple, sans voix off laissant un espace de liberté au spectateur afin qu’il puisse mener sa propre réflexion en écoutant son ressenti.

Il offre une aventure intérieure avec des témoignages pertinents, des performances d’artistes, une poésie visuelle et des musiques de Jazz.

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Pour regarder l'extrait sur Internet : Notre créativité oubliée

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