Infolettre 01

Mai 2011

EDITO | La Méthode ESPERE® au quotidien de la vie

Pédagogie de la communication et de la relation humaine, la Méthode ESPERE® se destine à être mise en pratique, transmise et à évoluer inévitablement vers quelques errances et heureusement beaucoup de vivance…
Cette infolettre s’inscrit dans ce désir de favoriser la mise en commun des explorations vivantes, trouvailles stimulantes, créativités débordantes… Elle est aussi l’occasion de prendre soin du lien entre l’Institut ESPERE International, le CA et les adhérents.
Cette infolettre existe grâce à vous… Pour prolonger ce projet, vos contributions sont précieuses. N’hésitez pas à nous faire parvenir textes, histoires courtes, articles, dessins humoristiques et autres matières.
Jacques Salomé nous avait prévenus que le seul enjeu réel d’une relation est d’en sortir plus beau et plus vivant… Alors place à la rencontre pour agrandir la qualité relationnelle de nos vies !
Caroline Houlbert de Coccola, secrétaire adjointe de l’Institut ESPERE International

MOT DE JACQUES SALOME

Une lettre d’info, non seulement pour informer de ce qui se fait, se passe, se dit autour de la Méthode ESPERE® mais un moyen concret de resserrer les liens, de nourrir des relations malgré les distances, de permettre à chacun des adhérents de l’IEI de se dire dans sa pratique, ses rêves et ses découvertes. Une lettre d’info pour, au-delà des engagements de chacun, comme formateur, comme personne ressource, comme formateur en cours de formation de se rappeler que nous appartenons à un courant de pensée exceptionnel, celui de promouvoir une autre façon d’être en relation, de proposer une approche susceptible de faire un contrepoids à la violence et à l’absurdité qui parcourent le monde. Une lettre d’info pour transmettre le meilleur de nous-mêmes.
Jacques Salomé

ACTUALITES DU CA

Dans le cadre de cette rubrique, je suis très heureux au nom des membres du CA, de partager avec vous le contenu des grands axes sur lesquels nous avons cheminé tout au long de cette année.

  • Promotion et visibilité de la Méthode ESPERE® : je vous rappelle la réalisation de notre plaquette, l’actualisation du logo de l’IEI, la création du logo-tampon «Membre agréé» et du totem qui vous est proposé à prix coûtant. Le relooking du site de l’IEI ainsi que la mise en ligne de sa version anglophone et germanophone ont également été entrepris. Dans cet esprit de renouveau et dans la même ligne graphique, une nouvelle carte d’adhérent a été conçue et réalisée par Sarah Legrand, notre graphiste et webdesigner. Cette carte vous a été transmise lors de votre adhésion récente ou de son renouvellement. Notons que des disques durs reprenant les enregistrements de nombreuses interventions de Jacques Salomé ont été fournis aux formateurs de formateurs, afin que leurs stagiaires puissent y avoir accès tout au long de leur formation. Ne manquons pas non plus de signaler le soutien à la mise en place de l’Association ESPERE® Roumania (A.E.R.), en Roumanie ainsi que la dernière-née : cette infolettre !!!Accréditation : l’IEI souhaite reconnaitre par ce document le droit d’utiliser la marque Méthode ESPERE® ainsi que le logo-tampon «membre agréé» à tous les adhérents. Ce document vous sera remis lors du colloque ou à votre demande.
  • Aide aux formateurs en cours de validation : nous avons réalisé une enquête pour identifier leurs besoins et nous avons aussi complété et enrichi le document d’aide à la rédaction du mémoire qui datait de 2005.
  • Gestion du quotidien : comme chaque année, le renouvellement des adhésions ainsi que le renouvellement des contrats des formateurs en cours de validation a eu lieu entre janvier et mars. Nous répondons régulièrement aux demandes et autres sollicitations qui nous sont adressées via le site Internet que ce soit par des adhérents ou par des internautes et nous continuons à lire et valider les mémoires des formateurs en cours de validation que nous recevons régulièrement.
  • Evénements : nous avons préparé et organisé l’Assemblée Générale ainsi que le colloque 2011.

Luc Roenen, président de l’Institut ESPERE International

NOUVEAUX ADHERENTS | En 2011, bienvenue à ...

tl_files/infolettre/01/benoit_profit.jpgBenoit Profit

«Guide de haute montagne depuis plus de 18 ans, je suis avant tout un amoureux de la
nature et des relations humaines. Mes expériences multiples sur les sommets du monde entier m’ont enrichi et m’ont amené à pratiquer intuitivement une marche libérée de la performance, douce et apaisante
ouvrant à la conscience de soi.» www.demarchesinterieures.com
Benoit a été formé à la Méthode ESPERE® par le centre Reliance, à Grenoble (Jean-Luc Mermet).


Martine Solbreux

Elle anime des ateliers « tout public » et propose des animations dans les écoles et les institutions.
Martine a été formée à la Méthode ESPERE® par l’association Oasis Relationnel, en Belgique (Martine Loix).

Agnès Lazar

Agnès a été formée à la Méthode ESPERE® par l’association Oasis Relationnel, en Belgique (Martine Loix).

Marie Delis

Marie a été formée à la Méthode ESPERE® par l’association Oasis Relationnel, en Belgique (Martine Loix).

Isabelle Desmech

«Je fais partie de l’équipe d’oasis relationnel. Je suis animatrice à la ferme des aulnes et y organise avec d’autres des classes relationnelles.»
Isabelle a été formée à la Méthode ESPERE® par l’association Oasis Relationnel, en Belgique (Martine Loix).

tl_files/infolettre/01/lionelle_ross.jpgLionelle Ross

«Institutrice et prof des écoles pendant 25 ans, j’ai ressenti le besoin de développer mes compétences relationnelles ce qui m’a conduite au centre ADRES, chez Aleth Naquet. Au fur et à mesure de la formation j’ai pu intégrer avec bonheur la Méthode ESPERE® à ma pratique de classe, puis démarrer un atelier mensuel avec un groupe de parents d’élèves.
J’ai ensuite proposé des ateliers aux collègues sur la relation élèves/ enseignant/ parents. J’ai alors été sollicitée par une association qui travaille sur la parentalité pour animer des groupes sur la relation parents enfants, association avec laquelle je travaille maintenant. J’ai alors décidé de quitter l’éducation nationale (retraite) pour me consacrer entièrement à la Méthode ESPERE® depuis septembre dernier.
J’anime aussi un groupe d’enfants le mercredi intitulé «Initiation yoga et Communication.»
Voilà comment j’ai re-traité ma vie avec la Méthode ESPERE®.
Et ce n’est qu’un début!!»
Lionelle a été formée à la Méthode ESPERE® par le centre ADRES, à Paris (Aleth Naquet).

tl_files/infolettre/01/francoise_allain.jpgFrançoise Allain

«Professeur des écoles, mère de 4 enfants, habitant le petit village de Saint-Gervais (85230) en Vendée, j’apprends avec bonheur, depuis ma rencontre avec la Méthode ESPERE® il y a 7 ans, à habiter l’adulte que je suis en réhabilitant, au fil de mes voyages intimes, mon ex-enfant. Ma validation par l’IEI en tant que formatrice traduit mon désir de partager cette magnifique connaissance et expérience de l’Etre et de Vie.»
Françoise a été formée à la Méthode ESPERE® par IFRECOM, à Nantes (Michelle Daumas, maintenant à la retraite).

tl_files/infolettre/01/emeline_cochou.jpgEmeline Cochou

Emeline a été formée à la Méthode ESPERE® par IFRECOM, à Nantes (Michelle Daumas, maintenant à la retraite).





tl_files/infolettre/01/marie_camescasse.jpgMarie Camescasse

«J’ai 64 ans et une formation de Pédicure-Podologue. Aujourd’hui je suis convaincue qu’un diagnostic ne peut se faire sans voir le patient d’une façon holistique. C’est-à-dire le corps et le psychisme. La personne dans sa globalité. La Méthode ESPERE® m’a permis de devenir une podologue relationnelle et de me responsabiliser dans mes relations. Je me sens « un bon compagnon pour moi-même.»
Marie a été formée à la Méthode ESPERE® par le centre ADRES, à Paris (Aleth Naquet).

DESSIN ORIGINAL | Illustration de l’illusion de la Toute-Puissance Infantile

par Rozenn, dessin proposé par Jocelyne Brocco,membre du CA de l’Institut ESPERE International.
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Associations (presque) libres d’une lectrice assidue

« Ne sois plus le vent ! »

« Hier […] nous nous sommes retrouvés au parc de Versailles. […] Nous errons longtemps à la recherche l’un de l’autre. Il lâche ma main, je marche devant lui, à reculons pour mieux le voir. J’ouvre avec mon dos des sentiers silencieux. Soudain il me prend, me soulève, me porte. Il ouvre son manteau, m’engloutit dedans. […]

Les allées solitaires nous appartiennent. Nous pénétrons dans un coin oublié, les feuilles de plusieurs saisons sont encore là, recouvrant le sol d’un tapis épais et craquelant. Nous jouons à l’automne, il est le vent, moi une feuille. Je suis une feuille qui ne veut pas se décrocher de son arbre-histoire. Le vent souffle. La feuille résiste, liée par les sortilèges de l’enfance. Le vent me caresse, m’embrasse, me chuchote un avenir de plaisirs fous. Mon moi-feuille se laisse tomber dans les bras du vent. […] Le vent m’entraîne, au-dessus des arbres, des villes, des rivières, des montagnes et des années. Le vent me danse. Je suis tissée de lumière dans la trame du vent. Soudain, mon moi-feuille s’aperçoit que le ciel est calme, que le soleil est immobile, rien ne bouge. Comme l’espace est limpide ! Où est le vent ? La feuille descend doucement, créant son propre souffle de vie. Elle arrive dans une forêt inconnue, faite d’arbres dépouillés. Elle se reconnaît à nouveau comme une feuille. « Gaël, où es-tu ? Ne te cache pas. » Il est derrière un arbre, il rit. « Je ne veux plus être une feuille, ne sois plus le vent – garde-moi dans ton manteau […] »

Extrait choisi par Maryse Legrand dans Je m’appelle toi, Jacques Salomé, première édition Le Regard Fertile, 1979 ; Albin Michel, 1990, p. 18-19

OUVRAGE | Un tout petit livre qui fait un grand bien

Son auteur a 93 ans, c’est un bel âge pour se positionner face au monde tout proche qui l’entoure, le monde de son pays, la France et de son environnement d’amis et de faux amis. Avec un titre qui est un cri, un appel, une invitation : Indignez vous !
Stéphane Hessel, car c’est lui, résistant à 16 ans, déporté à 19 à Buchenwald, un des six corédacteurs de la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme, s’indigne de l’existence des sans-papiers, des violences qui sont faites à la planète Terre, des conflits iniques qui déchirent le Moyen-Orient et d’autres lieux du monde, de l’accroissement scandaleux de la richesse chez certains, de l’absence de justice sociale, de la corruption du monde des affaires, de l’accumulation des transgressions par certains hommes politiques qui ne sont confrontés à aucune sanction, des valeurs morales, citoyennes et humaines qui se dérobent. Mais surtout des prises de conscience qui ne se traduisent pas en actes, en engagements, en combats pour un monde meilleur.
Un texte court (32 pages) qui dit l’essentiel, qui paraît dans une collection, dont le titre signifie « Ceux qui marchent contre le vent ». Il coûte 3 euros, c’est l’occasion de l’offrir à tous ceux que nous aimons !
Jacques Salomé

ARTICLES | Journal de bord d’une ESPERienne

par Maryse Legrand, secretaire de l’Institut ESPERE International.

J’emprunterai cette métaphore maritime pour résumer mon propos. Dès lors que j’ai pris l’engagement d’apporter ma contribution à cette infolettre – je ne savais pas encore à ce moment-là sous quelle forme j’y participerais – je me suis tenue aux aguets des idées ou des informations glanées ici ou là, pour peu qu’elles aient un rapport avec la Méthode ESPERE® en particulier ou avec les relations humaines en général.

tl_files/infolettre/01/art_01.jpgDu côté de chez SAPPE
La manipulation affective dans le couple. Faire face à un pervers narcissique. Pascale Chapeaux-Morelli & Pascal Couderc, Albin Michel, 2010
Livre co-écrit. L’une des auteurs est présidente de l’Association d’aide aux victimes de violences psychologiques et l’autre, psychanalyste, psychologue clinicien et spécialiste des addictions. Ouvrage très abordable qui s’appuie sur des témoignages et des cas concrets avec en annexes des adresses et des liens utiles. J’ai apprécié dans ce livre l’étude consacrée à la prédisposition à devenir victime, et à la complémentarité - pour ne pas dire la complicité - entre manipulateur/manipulé-e. C’est pour ainsi dire le décryptage clinique d’un système relationnel pathologique.
Une phrase relevée au passage : « On ne voit jamais autant les couples se disputer que dans les magasins de meubles » (p.50)

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tl_files/infolettre/01/art_02.jpgSur les chemins ESPERE
En contrepoint de la thématique précédente, un voyage musical aux pays de l’amour.
Jacques Salomé, lit quelques-uns de ses meilleurs textes poétiques. Il est accompagné par le souffle grave, chaud et velouté du doudouk (flûte arménienne) joué par Levon Minassian et accompagné au piano par Serge Arribas. Un beau et bon moment de poésie, très émouvant. Jacques Salomé déroule ici le fil d'une traversée intime qui nous ouvre aux possibles d'un partage où chacun peut se respecter.
Entre autres, Levon Minassian joue en basse continue pendant toute la première partie de cette lecture, la mélodie envoutante et mélancolique Delé Yaman (Love Song) parue précédemment dans son album CD intitulé Beyond the doudouk (1998)
Ce CD est disponible au Québec depuis novembre 2010 et en France depuis janvier 2011
Renseignements : alexandre@coffragants.com

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tl_files/infolettre/01/art_03.jpgLe fils, de Michel Rostain publié chez Oh ! Editions, Prix Goncourt du premier roman 2010 décerné le 1er février 2011
Né en 1942 et actuellement installé à Arles, Michel Rostain est metteur en scène d'opéras. Dans ce premier texte, il fait le récit de la mort de son fils, emporté par une méningite à l’âge de vingt ans. C’est au travers de cette voix d’enfant que l’auteur retrace le douloureux parcours du père, le deuil insurmontable, les jours d’après, les semaines qui suivent… et comment la vie reprend le dessus pas à pas, envers et contre tout.
C’est l’histoire d’un « papa en vrac », ai-je entendu dire par l’auteur lors d’un entretien sur les ondes radiophoniques. Un récit sans pathos, résolument inscrit dans la vie et l’authenticité du vécu.
« Je suis assez frappé par le fait que nous tous – vous aussi (adressé à la journaliste qui l’interroge), tout le monde – si on laisse faire les choses, le désespoir gagne vite. Le monde est horrible, on peut voir des méchancetés partout, on peut voir des guerres partout, on peut voir des épidémies partout, des catastrophes partout, et nous-mêmes nous sommes horribles, nous avons plein de choses en nous qui sont affreuses. Mais aussi bien le monde est merveilleux, le monde est magnifique, les autres c’est magnifique, l’amour c’est magnifique et tout. Donc il faut décider, il faut choisir tout le temps, il faut choisir. Et dans ce moment où la douleur est là pour vous tirer, vous plomber, pi y a vraiment de quoi, ne pas laisser le désespoir gagner, c’est une décision. Ne pas laisser… Voilà ! Décider de vivre. Décider de vivre. » (Michel Rostain, émission La grande table, France Culture, le 21 02 2011)

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tl_files/infolettre/01/art_04.jpgOlivier, Jérôme Garcin, Gallimard, février 2011
Un livre pudique et poignant, d’une écriture blanche, publié par l’écrivain et journaliste bien connu de l’émission Le masque et la plume (France Inter).
Dans ce récit, Jérôme Garcin érige un « petit tombeau de papier » à la mémoire de son frère jumeau mort à la veille de leurs six ans, sa part manquante.
Vivant pour deux, il pensait n’avoir jamais à se retourner sur son passé et sur lui-même jusqu’à cet anniversaire en octobre 2010.
« Je viens d’avoir cinquante-trois ans ; nous venons d’avoir cinquante-trois ans. Je n’aime pas ce rituel. Il réveille une douleur que le temps a fini par discipliner, mais qu’il n’a jamais réussi à effacer. Il ravive une colère d’enfant révolté par l’injustice, une hébétude, un effroi, dont, malgré tous les efforts qu’on fait pour se tenir droit, on ne se relève jamais ».

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tl_files/infolettre/01/art_05.jpgL’empathie, au cœur du jeu social, Serge Tisseron, Albin Michel, 2010
« La capacité d'empathie est inhérente à l'espèce humaine. Elle implique de pouvoir se mettre à la place d'autrui et de ressentir ce qu'il éprouve, aussi bien pour s'attrister que pour se réjouir avec lui. Mais l'être humain est également doté d'une faculté tout aussi grande de mettre son empathie en sommeil. L'histoire du XXe siècle, jalonnée de barbaries, en est la preuve. Aujourd'hui, d'autres menaces pèsent sur elle, comme la logique de guerre à laquelle conduit la concurrence économique ou les nouvelles technologies qui virtualisent nos interlocuteurs. Dans les deux cas, l'autre devient un étranger, ou pire, un ennemi. Pourtant, comment expliquer que nous puissions si facilement renoncer à l'empathie alors qu'elle est si profondément enracinée en nous ? D'où viennent les forces qui nous en éloignent ? Et comment la réveiller ? » (4ème de couverture)
Comme tous les livres de Serge Tisseron, celui-là est accessible, pour peu que l’on aime lire et que l’on ait envie d’approfondir le thème des relations humaines.

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tl_files/infolettre/01/art_01.jpgObservations cliniques en psychopathologie du travail, Sous la direction de Christophe Dejours, PUF, Collection Souffrance et théorie, 2010
J’avais diffusé par la mailing liste en décembre dernier un lien vers une émission radio au cours de laquelle Christophe Dejours présente cet ouvrage (enregistrement toujours disponible à ce jour, voir le site de France Culture, émission La fabrique de l’humain, le jeudi à 21 heures : archives du mois de décembre 2010)
J'ai dévoré ce petit livre (quelques 160 pages) et n'en ai fait qu'une bouchée. Pour l'essentiel, les observations cliniques présentées sont bien campées, finement décrites et claires. Les points théoriques abordés dans ce contexte passent très bien, à mon avis.
Il y a même des énoncés qui pourraient être mis en parallèle avec ceux de Jacques Salomé.
"En contrepartie de la contribution que nous apportons à l'organisation du travail, nous attendons une rétribution. Pas simplement un salaire, aussi une reconnaissance. […]. La reconnaissance de la qualité du travail accompli est la réponse aux attentes subjectives dont nous sommes porteurs. Quand on l'obtient, les doutes, les difficultés, la fatigue s'évanouissent devant le sentiment d'avoir contribué à l'œuvre collective et de voir validée la place que l'on a pu se construire parmi les autres."

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tl_files/infolettre/01/art_07.jpgLes idéaux fondamentaux. Des fondations inéluctables mais explosives, Gérard Bonnet, PUF, 2010
De tous les livres que je viens de citer, celui-là est le plus dense et le plus consistant mais il vaut l’effort de lecture.
L’auteur, psychanalyste, s’appuie sur le film La promesse des frères Dardenne pour illustrer sa thèse. Convaincante et passionnante. Il s’agit d’entendre par idéaux fondamentaux, l’idéal de respect de la vie, de vérité, de dignité, de liberté, de beauté, de tendresse, de justice, de fidélité etc.
Un tel livre, d’un grand intérêt clinique, éthique et philosophique, mériterait d’être plus longuement commenté. Il pose des questions cruciales aujourd’hui où l’on dit et répète que les jeunes manquent d’idéaux.
J’ai revu avec beaucoup d’intérêt le film La promesse et l’éclairage de ce livre me l’a rendu encore plus saisissant dans sa force évocatrice.

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J’ai présenté ici brièvement quelques références, comme des cailloux blancs que j’aurais semés en espérant qu’ils donneront à quelques-un-e-s, l’envie et le goût d’aller plus loin, de lire, de regarder et/ou d’écouter. Si tel était le cas, je serais heureuse de pouvoir partager avec vous vos avis, vos impressions, vos commentaires (peut-être - qui sait ? - lors d’une prochaine info-lettre ?).
Il se pourrait pour ma part, que je reprenne et développe l’une ou l’autre de ces présentations par un article plus étoffé, que je mettrai alors en ligne sur le site de l’IEI.


Maryse Legrand, 28 février 2011

ARTICLES | Journal de bord d’une ESPERienne

par Corinne Cygler

Dans un petit village de campagne vivait une famille étrange. La mère Emoline, veuve, éduquait seule ses 5 enfants : Doris, Gaetan, Lina, Gillou, Eloïse. Elle travaillait dur et la famille avait peu de moyens. Cependant elle savait donner à ses enfants quelque chose de précieux qui allait les aider à grandir, à s’aimer et à se respecter. Elle leur donnait l’amour. Pas celui qu’on lit dans les romans, vous savez celui qui prend les tripes, qui nourrit mais qui envahit, étouffe, prend toute la place. Pas celui qu’elle n’avait pas reçu, celui qui lui manquait, ou celui qu’elle avait besoin de donner ou de recevoir. Emoline avait un don qui lui venait de son père.

Il lui avait légué en héritage « l'Amour Gratos ». l'Amour Gratos c'est celui qui donne sans attendre de retour, celui qui amplifie sans enlever, celui qui donne sans envahir celui qui reçoit. L'Amour gratos c'est quand on aime l'autre pour ce qu'il est et non pour ce qu'il apporte. L'Amour gratos c'est éduquer ses enfants pour qu'un jour ils s'en aillent.


Emoline écoutait son cœur, ses émotions et parlait avec chacun de ses enfants, de sa vie, de son enfance. Elle savait leur proposer de se dire sans les juger, les interrompre, les étiqueter. L'amour qu'elle prodiguait était pour chacun unique, différent, et entier. Oh! Évidemment elle faisait des erreurs, n'avait pas toujours la patience suffisante avec Gilou, qui a 3 ans réclamait beaucoup d'attention et de disponibilités,et Doris, qui à 15 ans découvrait les troubles de l'adolescence. Elle, lui accordait ce qu'elles appelaient « nos moments de femme ». Emoline racontait son adolescence, écoutait ce que sa fille souhaitait partager et confier.

La vie n'était pas toujours simple mais la famille était si unie que tout semblait plus doux. Emoline avait d'abord appris à ses enfants à s'aimer et à se respecter. Elle leur rappelait souvent que la plus grande mission dans la vie était de devenir un bon compagnon pour soi.
Eloise, jeune femme de 18 ans était attirée par Romuald, le fils du boulanger. Souvent elle semblait ailleurs, dans un monde où seuls les amoureux ont accès. Emoline assistait émue aux premières amours de sa fille.

Un jour, Eloïse arriva en pleurant et se jeta dans les bras de sa mère.
« Maman, je suis trop malheureuse, j'ai mal dans mon cœur, je vis des sensations qui me font peur, je me sens plus fragile. Chaque fois que je vois Romuald, j'ai l'impression que mon cœur va éclater. Quand il parle à une autre fille, plus jolie que moi, j'ai peur et je suis jalouse. Et puis je voudrais être son seul univers et puis j'ai peur de le perdre, tout ce que je ressens est exacerbé. Et quand il me regarde j'ai envie de rentrer sous terre ... je ne comprends pas ce qui m'arrive ».
Emoline sourit à sa fille et lui dit: « Eloïse, tu es amoureuse, tu entres dans un monde merveilleux dans lequel tu pourras vivre des moments uniques et puissants mais c'est aussi un monde d'émotions multiples, de sensations belles et douloureuses. Etre amoureux, c'est découvrir un espace de communion et d'intimité qui va évoluer avec la relation du couple ».
« Mais, maman je ne veux pas souffrir»

« Je sais Eloïse. Mais l'amour est aussi une épreuve dans laquelle tu vas montrer tes capacités d'ouverture, de don et surtout d'amour et de respect de toi. J'ai tenté de te
transmettre des valeurs d'amour qui pourront t'aider à t'agrandir, à t'amplifier dans une vie de couple, qui sera un lieu d'évolution et d'exploration : des désirs, des peurs, de la solitude et des moments de bonheur partagés et merveilleux ... et bien d'autres choses encore. Je te souhaite de vivre le don d'amour, celui qui nourrit, régénère qu'il soit émis ou reçu».
Eloïse se sentait mieux, elle savait qu'elle avait en elle des capacités à accueillir ce que la vie lui apporterait.
« Merci pour ses paroles, maman. » Alors qu'elle retournait à ses occupations, Emoline songeait au don qu'elle avait reçu. Elle aurait voulu l'offrir à tous ceux et celles qui n'ont pas la chance de connaître les joies et la plénitude du don d'amour.
Elle ferma les yeux et avec l'énergie de son cœur elle envoya de l'amour à tous les hommes, les femmes et les enfants du monde.

Corinne Cygler
Formatrice de formateurs en Méthode ESPERE®
Site :www.ca-cree-la-vie.fr

EVENEMENTS

Spectacle « Au fil de la tendresse » avec Jacques Salomé et Julios Beaucarne

Ce spectacle aura lieu le 9 novembre 2011 à 20h30 au Thor, dans le Vaucluse.
Renseignements : Association Espérances, Les bas claux – 84480 Lacoste. Tel : 06 08 45 10 19 ou isabelle.thurel3@free.fr

1er colloque de la branche québécoise de l'Institut ESPERE International

« Une écologie relationnelle au quotidien », à Montréal le 28 mai 2011. Jacques Salomé y animera des conférences et des ateliers seront proposés.
Plus d’informations sur le site : http://goo.gl/ElxAs

ESPACE ADHERENTS | L’écoute d’autrui

par Lucien Essique

Ecouter autrui c’est créer un espace-temps où les mots peuvent se dire, où le temps est là, utile, ouvert à l’expression de tous les langages de l’autre dans un cadre d’ouverture d’esprit et de bienveillance.

Ecouter, c’est se libérer soi-même de tout ce qui peut agiter notre esprit. C’est se rendre disponible, sans prêter aucune intention à l’autre mais beaucoup d’attention. C’est oser ouvrir l’ensemble de son être et laisser vibrer tous nos sens y compris notre radar intérieur. C’est savoir s’accorder sur la fréquence d’autrui et oser la résonnance vers l’autre.

Ecouter l’autre, c’est se mettre dans une sorte de dédoublement de notre personne, c’est oublier celui qui sait, c’est mettre de côté l’homme ou la femme que je suis, pour être l’écoutant ; l’homme n’est pas loin derrière et quelque fois il se peut que le retentissement personnel risque de brouiller la position de l’écoutant et puisse rendre inaudible ce que l’autre exprime. C’est un obstacle majeur de l’écoute.

Ecouter, c’est savoir détecter les différents types de langages et identifier le registre dans lequel l’autre communique. C’est se centrer sur la personne et différencier ce qu’elle dit, ce qu’elle montre, ce qu’elle ressent de qui elle est.

Savoir écouter, c’est inviter la personne à montrer ce qu’elle tente de dire. La visualisation externe est un outil indispensable d’une écoute active et participative, je dirai même partagée. La visualisation externe permet à la personne d’entendre, de voir ce qu’elle tente de dire, de prendre conscience de ce qui la bloquait et de ce à quoi cela la renvoie.

La visualisation externe permet de mettre la personne en dissociation et en distanciation par rapport à sa difficulté, et cela crée rapidement une prise de conscience efficace.

Savoir écouter, c’est aussi s’inscrire dans une démarche d’accompagnement, c’est savoir restituer à la personne ce qu’elle tente de dire, c’est aussi savoir confirmer, c’est faire des demandes, c’est aussi savoir recevoir. L’écoute ouvre un champ de possible inouï, elle permet à l’autre de mieux se co-naître, de sortir d’impasses relationnelles, de mettre du sens, d’oser se différencier et aussi de guérir.

L’écoute peut-être aussi un espace de propositions, loin des conseils tout faits que vous proposent certains de vos proches. Il est possible d’offrir, un texte, une métaphore, un témoignage. Ouvrir l’écoute vers une démarche symbolique est un pas supplémentaire pour l’autre, c’est une invitation à sa responsabilisation, c’est une permission de prendre en main son existence et de devenir son propre thérapeute.

L’écoute, c’est tout cela et encore davantage. C’est savoir entendre son intuition, c’est capter ce qui circule au-delà des mots, des ressentis. Au-delà de la visualisation et de son sens symbolique, une autre écoute est possible à partir de la phénoménologie. C’est aller de la visualisation externe à la symbolisation et laisser ensuite l’expression symbolique s’ouvrir à une autre expression que je nomme phénoménologie. Il s’ouvre alors une autre lecture et d’autres sens apparaissent. Je vous en dirai plus lors d’un autre texte.

Lucien ESSIQUE
Formateur et Consultant en Relations Humaines
Thérapeute

RIONS UN PEU | Isabeau de R

Ne riez pas trop. Ce n’est pas très loin de la vérité et même peut-être en dessous...
Elle est enseignante à trois époques différentes : en 1975... en 2002… puis en 2012...

Jacques Salomé

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